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M. Berger
Seras-tu là?
Le fil, le fil du destin, la trame d'une vie, si fragile.
Aujourd'hui en me levant je tenais à peine debout, perte d'équilibre, nuque douloureuse... alors je me suis dit qu'il était temps que je lui parle, que je lui dise, parce que je m'inquiète non pas pour moi mais de ne pas être là et que je vois bien que ça va pas... bah, ceci relève du privé et comme il ne concerne pas que moi je m'abstiendrai de l'étaler, mais s'il est vrai qu'elle est auprès de moi, il y a d'autres personnes qui me sont chères et à qui je ne dirai pas à quelle point je les aime.
Cet après midi en rentrant chez moi, au moment d'ouvrir ma porte à nouveau cette perte d'équilibre, je n'ai pu me retenir et me suis retrouvée empêtrée dans mon vélo au sol... une journée, une soirée difficile qui a persisté.
Tout ceci porte à réfléchir, bien sur je relativise ceci n'est que la conséquence d'une vie trop intense, toujours courir, assurer, se dépasser, se surpasser, parce qu'on n'a pas le choix, parce que c'est ainsi, parce qu'on n'a plus le temps de souffler, de s'aérer, une vie ou la douceur, le plaisir sont bannis et pourtant il y a tant d'autres vies bien pire ou dès la naissance l'on est condamné à mort soit parce qu'on voit le jour dans un pays en guerre, dans un pays de misère, parce qu'avant de vivre la maladie a dépassé la pire des réalité, moi j'ai pas à me plaindre j'ai connu la douceur d'un pays tempéré, dans ma tête persiste l'image constante d'un champ de blé, des papillons, d'un bonheur qui fût, bref certes mais qui fût et c'est déjà pas mal et pourtant que de regrets, que d'amertumes et que d'espoirs aussi. Demain, je ne sais ce que seras mon chemin, aujourd'hui, aujourd'hui je me dis que s'il s'arrêtait je ne le regretterai en rien, je me dis aussi que je ne manquerai pas à grand monde, manquerai-je seulement à qq'un? On est si peu de chose comme disait mon amie la rose (F. Hardy) une poussière dans le grand champ de l'éternité, une toute petite poussière d'étoile, moi j'aurai aimé la petite main de ce joli, si beau petit soleil marseillais dans ma main, j'aurai aimé faire partie de sa vie, voir grandir ce petit fils, j'aurai voulu ...bah! L'important c'est qu'ils sont heureux et pourtant la vie est injuste, cruelle et tout et tout et tout... Les bleus à l'âme ça peut s'estomper? Le bonheur c'est vrai que c'est pour demain? Et pourtant j'ai pas à me plaindre, moi je vis pas dans la rue, je mange à ma faim mais à l'automne de la vie, comme les feuilles mortes, sont tombés un à un mes idéaux, éclatés, brisés l'un après l'autre les rêves insensés et sans eux qu'il fait froid dans ma vie, demain oui... ça ira mieux... demain, demain t'en fais pas... tu oublieras (P.Perret)... les chansons, les chansons ça dit tout et n'importe quoi... moi, j'oublie pas... on fait juste avec, step by step...