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N'ayons pas peur du mot et entrons dans le vif du sujet. Suicide. nous connaissons tous un proche, que ce soit un membre de la famille, un ami, un voisin ou qu'importe..Que ce soit par idéologie (immolation...) , une alerte pour faire passer un message ou par désespoir, rien que l'idée de perdre ceux que l'on aime fait froid dans le dos.
Mercredi passé, moi la grande moralisatrice, celle qui dévoile si peu ses failles, j'ai pensé au suicide et pour tout avouer ce n'est pas la première fois. J'avais un peu plus de 20 ans la première fois que ça m'a taraudé, faut dire que j'ai pas vraiment joué la case « chance » à la naissance, il y a eu tant et tant de violences dans mon existence qu'elles soient physiques ou psychologiques, elles ont été portées tant de fois à leurs paroxysmes, bien au-delà du supportable et pourtant, pourtant même quand on pense que ça ne peut être pire ça continue encore et encore, comme si l'on se perdait dans un labyrinthe et qu'il n'y ait de porte de sortie...
Mercredi passé je me suis fait jeter à la figure que je ne valais rien, que je n'y arriverai jamais, tout ça après tant de sacrifices, d'efforts sans fins, tout ça dans un contexte de fragilité interne, d'un abruti qui met le doigt sur la plaie qu'un autre à ouverte et qui ne se referme pas, et dans ma tête je savais, je sais que ce n'est pas vrai, mais ça faisait si mal, tout le passé me reprenait, m'étreignait, m'étouffait, et dans ma tête je me répétais inlassablement « je me laisserai pas briser » et j'étais pire qu'une robinetterie dont le joint aurait sauté! Et dans ma tête se combattaient l'envie irrépressible d'en finir et celle de me secouer, d'avancer... J'ai décidé d'avancer
Tout ceci pour dire : on n'a rien à prouver aux autres mais qu'il est parfois difficile de vivre avec soi, de croire encore à un demain, de le souhaiter tout simplement. Il suffit parfois d'un instant ou tout bascule, et je pense à tout ces êtres qui ont franchi le pas... courage ou lâcheté... franchement je ne sais pas, mais je sais l'intensité de la souffrance, de ces instants ou la mort semble plus douce que de continuer un chemin sans fin.
Aujourd'hui, je ris, plaisante, discute plus ou/et moins sérieusement, mais ces blessures sont là et parfois j'aimerai pensé qu'il y a de la douceur et de l'amour et... et surtout pour ceux qui me connaissent je tiens à rassurer : je sauterai jamais ce pas, tout comme je recommencerai jamais à fumer mais je tenais à exprimer ce ressenti ne fusse que par l'éventualité qu'il puisse venir en aide à quelqu'un, quelqu'un qui souffre et lui dire de ne jamais écouter ceux qui jalonnent de pierres coupantes nos chemins, qu'il y a un horizon et qu'il y a toujours quelque chose dans l'existence qui vaut la peine même d'avancer, il y a tant et tant à découvrir, le monde est infini, à nous de le rendre humain...