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Ce matin en écoutant cette chanson, je me disais : moi aussi je suis un passager, un passager embarqué bon gré, mal gré, dans cette grande aventure qu'est la vie, souvent il y a une jungle féroce à traverser, vaincre la bestialité, batailler, s'imposer, poser ses marques, marquer son territoire, quelques fois une brise fraîche, le repos à l'ombre de sa tannière dans la chaleur du nid, repu d'amour et d'amitié la vie fleur si bon.
Souvent j'ai la sensation de n'être qu'un passager de l'existence, de ne pas avoir les renes en mains, d'être à mon corps défendant obligée de suivre la route que d'autres tracent pour moi, engluée dans les convenances, les obligations, les lois de la société, ces lois qui sont faites pour les puissants depuis la nuit des temps. Ecartez-vous en vous serez un marginal, sans moyen propre de survie : rejeté, vomi, effacé de la société il vous restera soit à vite rejoindre les rangs ou à couler rapidement.
Et je regarde les étoiles, et je rêve d'amour et de voyages, découvrir les horizons infinis, se gorger de rosée et de soleil, toucher des mains amies, croiser de vrais regards, se laisser bercer par les vagues, mais mes pas ne soulèvent pas la poussière des chemins que je choisi, ils foulent sans fin des routes bien définies. Se révolter n'y change rien si ce n'est se blesser et souffrir.
Il y a la vision philosophe qui dit : il y a des merveilles partout à découvrir, à commencer autour de soi, à cheminer en soi. Oui mais... le goût de la liberté, cela ne s'invente pas, cela ne se remplace pas, l'injustice flagrante d'un monde dirigé par l'argent, où des êtres meurrent de faim tandis que d'autres font bombances, l'injustice d'innocents incarcérés au nom du pouvoir et du dictat, l'injustice de ces humains qui ne parcoureront jamais le monde que par écran interposé alors que des privilégiés paressent sur des yatchs et des îles dorées.
Il y a les terres dévastées, les forêts arrachées, les mers polluées, pétrolées, des espèces qui disparaissent irrémédiablement, presque plus de papillons, des abeilles en voie de disparition, heureusement les multinationales nous sauverons et feront leur dictat grâce à leur généreuse donation tel Monsanto à Haiti en offrant des semences que les paysans l'année suivante achèteront au prix de leur sang... et si tout ça ne suffit pas on rajoutera un soupçon un jour ou l'autre de nucléaire... pourquoi pas?
Je suis un passager... un passager désabusé...