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Il en va des hommes comme des animaux, certains te regardent de leurs grands yeux mouillés dans une implorante prière de silence, il y a les petits, les grands, les plus ou moins beaux, ceux qui t'agacent ou t'émeuvent, te révoltent ou te font rirent parfois te laissent dans une gangue de mal être et les mots t'entourent, ne te touchent tant ils manquent de sens, de profondeur, semblent trop empesés, presque à la limite de l'insignifiance, de l'indifférence.
Alors, dans ton dérisoire empire des sens face au vide vertigineux, tu repousses en vain les contours d'une bulle qui soudain t'étouffe de toutes ses failles.
Il y a des hommes qui transportent dans des sacs moelleux de tout petits chiens, certains tremblent de froid? De peur? Qui sait?
Et puis, il y a celui qui te regarde, frétille de la queue, n'aura de cesse de japper gravement jusqu'à cet instant béni ou tes mains en coupe recueilleront sa truffe humide. Avec bonheur il lapera ta paume et tes mains heureuses de son poil rêche, de sa peau parcourue de frissons incontrôlés de plaisir, tes mains revivent enfin, courent sur lui, gratouillent et tu ris mêlant ta joie à la sienne, laissant couler cet instant de vie en tes veines.
C'est chaud, c'est bon, vos yeux se rencontrent, se disent merci.