C'est ce qui s'appelle être au mauvais endroit au mauvais moment!
J'étais simplement venu admirer le clair de terre, soudain j'entendis un "clic" je me retournais, regardais stupidement à gauche, à droite... rien... personne! "Clic"... "clic"... "clic"... soudain je vis le capteur mais il était trop tard, il m'enmenait déjà "ailleurs". Ma vision se troublait et mon genome irrémédiablement transformé se diluait dans l'atmosphère, j'étais une bulle, je devins l'air! Le vent me poussa, j'atteris dans un nuage, me fondis, me diluais, me retrouvais au fond des mers, luttant contre les marées, contre les vagues, m'accrochant vainement aux rocs, aux grains de sable. Je crus mourir cent fois lorsque je fus déposé sur la feuille d'un arbre perenne, c'était le temps du gaulage, et mille coups de bâton s'abatirent sur ce qui était moi! Mais le pire de tout, je l'ignorais encore, j'avais traversé l'espace temps pour me retrouver : là !

Heureusement, à force de le désirer avec tant d'intensité, je finis par être libéré de cet objet de torture si peu raffiné. Le cuisinier avait besoin d'un marmiton et me prit comme aide. Ce statut n'avait cependant rien d'enviable et n'était point compatible avec ma dignité, il passait son temps à me botter les fesses sans délicatesse, à me plonger jusqu'aux coudes dans l'eau putride des vaisselles! A chaque instant je m'en demandais si je me transformais en légumes, en tripes ou en poisson infect! Et si je protestais, ou du moins en faisait mine, gaugenard il me pointant du bout de sa cuillère en bois en clignant de l'oeil vers l'engin fatal!
Depuis, je guette les clairs de lune, les clairs de terre... j'appelle au secours Cervantès ;-))