photos, idées, idéaux, écriture, partage, voyage
Il y a de la grandeur dans ces paysages
ils te ressemblent, je te reconnais en eux
charme et douceur confondus
parfum de miel et de jasmin
le soleil éblouissant le chemin
le sel de ta peau, le sel de la mer
l'immensité de l'amour
sa violence et sa force comme le ressac
A peine a mi chemin du livre
un désespoir lucide m'envahit
des larmes amères coulent
Le calme revenu je poursuis
tourne les pages de nos vies
il y a des traces de pas sur le sable
les vagues lèchent les roches
mouillent la crique
le bateau à l'abri reste amarré
Les fleurs d'amandiers s'offrent
à la douceur du temps qui passant
les fânent irrémédiablement
nos regards se portent à l'horizon
d'un avenir qui ne sera qu'une illusion
J'aurai tant voulu ce partage
de coeur battre avec toi à l'unisson
il y a cependant des barrières invisibles
que l'on ne peut sans clés franchir
J'aurai tant aimé
que tu m'invites à entrer
que règne la confiance et l'intimité
Tu ne l'as voulu ou ne l'as pu
C'est affligeant et pourtant
cela je le respecte aussi
Demain ou un peu plus tard je partirai
et pourtant depuis si longtemps je t'attendais
il n'en tient qu'à toi, fais moi signe
ton silence ou ton sourire me répondront
je t'aime mon amour et t'espère
seul mon dernier souffle refermera
le livre de nos vies
- Waow! C'est beau grand-mère!
- Dis grand-mère pourquoi tu pleures?
S'appuyant sur sa canne, un vieil homme entra dans la chambre. Il vit directement le tiroir béant, sa femme tenant sur ses genoux les lettres que ne reliait plus le ruban. Entre ses doigts la feuille de papier jaunie par le temps, son visage baigné de larmes...
- Dis grand-père c'est toi qui a écrit ces jolis poèmes?
- Allez jouer les enfants, le soleil va bientôt se coucher et vous aussi.
Les enfants partis, il approcha de la vieille dame une chaise en bois. S'assit. Respira profondément. Ses mains tremblaient sur ses genoux lorsqu'il parla
Pardonne moi, je ne pouvais pas te donner ses lettres.
Je ne pouvais pas te laisser partir, ni t'en parler... je n'aurais pu vivre sans toi. C'était une amourette, un amour d'été... Je vous voyais, je savais... Vous n'arriviez même pas à vous en cacher, j'aurai pu... j'aurai voulu... mais alors tu m'aurais maudit. Lorsqu'il est reparti, qu'il ne cessait de t'écrire, de te voler à moi, j'ai agi. J'ai subtilisé son courrier, le tien aussi. Ce ne fut pas bien difficile, ce sombre idiot de facteur a la goutte facile, quelques verres et l'histoire était réglée... On a eu une belle vie ma mie, bien sur moi je ne sais pas écrire, mais je n'aurais jamais pu te laisser partir, je n'ai pas couché mon amour par des mots, je t'ai consolée dans les champs de fleurs, les champs de blé, jour après jour je t'ai offert mon coeur et il me semble que tu partageais ce bonheur...