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Samedi, j'ai fais mon petit pélérinage à moi. Il y'a longtemps nous nous étions promis qu'a chaque fois que nous repasserions par là nos pas remonteraient la petite allée de fin gravier rouge pour rendre hommage à ce qui n'est plus.
J'ai descendu lentement la rue, tourné à droite pour rentrer dans le parc. A cette heure, il était désert et ça me plaisait.
Il a bien changé ce parc ! Juste à l'entrée, il manque déjà un banc et puis juste un peu plus loin la gloriette n'est plus ! Elle était belle pourtant, lorsqu'il pleuvait on pouvait s'y abriter, ou encore y pic niquer sur sa table et ses deux bancs... Je continue et ! Le kiosque à musique lui aussi est parti ! Par contre le sol est jonché de détritus, un peu plus loin dans le bac à sable c'est un amoncellement immonde de cannettes diverses ! Beurk!
Et puis il est là mon p'tit banc, le pauvre il n'a plus de dossier mais il m'arrache néanmoins un sourire nostalgique. Je m'assieds. Je me souviens...
Quelques gouttes tombent mais les arbres majestueux m'en protègent. Je les regarde et me demande depuis combien de temps ils sont là? Ils devraient pouvoir en raconter des histoires. C'est un peu comme des amis fidèles au rendez-vous, il y a 31 (ouille!! déjà?!!) je disais donc : il y a 31 ans ils étaient déjà là.
C'est près d'eux aussi que le dernier jour d'école après la remise des diplômes nous nous étions réunies entre amies. Assises en tailleur sur la pelouse nous avions affirmés comme dans la chanson de Bruel de nous revoir tout les dix ans, c'est un peu comme les serments d'ivrogne on ne les tient pas. Quelque part c'est dommage de se perdre...
La roue tourne, le temps passe. Espérons qu'il restera toujours des arbres...
Peut-être leurs feuilles murmurent-elles nos prénoms :-)