photos, idées, idéaux, écriture, partage, voyage
La vie n'a pas été tendre avec moi, c'est le moins qu'on puisse dire. Nulle envie ici de geindre, de me plaindre et de larmoyer, non c'est un simple constat. Un de ceux néccéssaire pour pouvoir avancer sur le chemin.
Il fut un temps je n'étais que haine et rancoeur, un animal blessé. Et puis, une lente reconstruction s'est opérée. Coeur en balance, équilibre instable qu'un rien peut faire chavirer. Des plaies trop vives qui ne pourront jamais cicatriser.
Je n'étais pas préparée à "l'existence". Enfants nous n'avions jamais été "libérés". Nous n'étions pas autorisés à nous rendre chez nos petits camarades, l'école pour l'instruction et la maison étaient nos lieux d'évolution. De ce fait le mode de vie confiné était notre seule modèle.
J'avais six mois lorsque mon père est décédé, au début nos grands-parents sont restés vivre comme "avant" avec nous, et puis je suppose qu'ont du naître les conflits...
Ils sont repartis. (je dis "suppose" car chez nous "on ne dit rien" et les questions amènent peu et surtout pas de réponses!).
Ma mère courageusement retroussa ses manches, je lui rends cet hommage. Malheureusement, pour se remarier elle ne fit pas le bon choix... violences diverses furent le lot quotidien....
Elevés dans un climat de silence, de non libertés, d'obéissances restrictives, voilà de quoi conditionner un être.
Et puis vint l'adolescence, premier émoi, première rencontre : la plus belle. Celle qui permet de se raccrocher, de se dire si "l'amour vrai, pur, respectueux" existe. Même si c'est moi qui y ait renoncé.
Je suis d'ailleurs persuadée d'avoir fait le bon choix, l'amour ne suffit pas pour vivre ensemble.
Au fond de mon coeur "il" reste à ce jour ma meilleure rencontre même et je m'en excuse si à deux reprises je l'ai fait pleurer en lui brisant le coeur, j'espère qu'il m'aura pardonné...
Il parait que je rêve trop haut, trop loin. Que ce sont des chimères... peut-être que oui, peut-être que non..
Alors, et c'est là l'erreur on les rogne ses rêves, on calfeutre ses aspirations, parce qu'on est jeune, parce qu'on est seul, parce que l'on a tellement envie d'aimer et d'être aimer, on fait des concessions, un peu trop... on s'oublie.
A l'âge adulte on "n'évolue"... Toujours "bien", toujours "dans le rang" et puis on n'en peut plus et c'est là que le véritable drame commence.
Qui peut penser un jour "tomber" dans la déchéance? Je ne suis certes pas un ange, mais ne me parlez pas de justice elle n'existe pas! La loi des prétoires c'est la loi du plus fort, du plus rusé, il faut savoir mentir, accuser (surtout à tort) pour "gagner" et moi, moi j'ignorais ce monde là! J'avais été élevée dans la moralité : "tu ne dois pas mentir", "tu ne dois pas faire aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse",...
Bon d'accord c'est toujours ma philosophie mais pourquoi personne ne m'avait dit que les "autres" n'appliquent pas ces principes? Lorsque vous faites l'objet d'un ignoble chantage vous vous dites : "je suis dans mon bon droit, il ne peut en être autrement," et puis tout bascule. Un juge arbitrairement vous "juge" et vous condamne. Le véritable enfer commence...
Aujourd'hui, l'une des personne qui m'a fait le plus de mal est en soins palliatifs.
Un jour c'est elle qui m'avait recontactée. Par amour, bien que même ce mot me soit dénié, pour une tierce personne j'ai accepter toutes les concessions, jusqu'à revenir chez ceux que j'appellerais mes tortionnaires et le mot n'est pas faible.
Aujourd'hui, avant de "partir", tout ce que je souhaiterais c'est qu'elle me demande "pardon".
Utopie quand tu nous tiens... Et pourtant je vous assure être persuadée "être dans le bon", si j'ai pu reconnaître mes erreurs, que "l'autre" reconnaisse les siennes est tout aussi important.
Je ne changerai jamais! Toujours dans mes chimères, à rêver trop loin, trop haut... oui mais, c'est ça qui me tiens debout. Ce n'est pas la société, son iniquité, son inhumanité.
Aujourd'hui la souffrance de cette personne ravive la mienne. Egoiste? Non, seulement "plaie vivante".
Dire ou ne pas dire, telle est la question.
Comment vivre, avancer sur le chemin, comment "être", ne pas faire souffrir ceux que l'on aime?
Dire ou ne pas dire? To be or not to be?