Non seulement (bien que la photo ne le mette pas vraiment en valeur) ce pain est beau mais en plus il était bon. Sa mie tendre et briochée, parsemée de délicieux morceaux de chocolat était un ravissement pour mes papilles émoustillées!
Imaginez ma mine gourmande lorsqu'après avoir étalé une généreuse couche de beurre salé, j'ai trempé la tartine dans un bol de chocolat chaud bien corsé.
Mais j'ai gardé le meilleur pour la faim (euh! pour la fin :-) )
Ce pain je l'ai reçu un après midi à la sortie de l'école
- Muriel est là? me demande une maman
- elle est absente, elle est malade. lui répondis-je
Ouvrant son coffre, elle en extrait un sac plastique, qu'elle me place dans ma "petite" main
- C'est pour vous pour déjeuner demain matin...
Là dessus je vois ma brave petite dame filer tout droit dans la cour de l'école, j'avais à peine eu le temps de bredouiller un merci tout gêné (je culpabilisais déjà de dérober le trésor destiné à Muriel absente et qu'on m'aurait refourgué!) Finalement soulagée, j'observe avec plaisir qu'une distribution discrète a lieu chez l'une ou l'autre des institutrices (+ 1 pour Muriel).
Les enfants revenant avec leur maman voyant au bout de ma main le plastique m'offre un concert de "c'est quoi? "
- C'est un bonheur tout chaud qui réchauffe mes p'tits doigts, leur dis-je
La maman pressant les enfants de s'engouffrer en vitesse dans la voiture, je lui réitère mes remerciements, en lui demandant "pourquoi?"
Et c'est la que la réponse m'a laissé littéralement sans voix lorsqu'elle m'a répondu "parce que vous êtes gentille!" là dessus les enfants m'ont sauté au cou pour me faire un bisou : j'étais aux anges!
Faut dire que c'était ma semaine de bonne note : lorsqu'ils ont été assuré que je reprennais la bibliothèque pas l'un d'entre eux n'a dit : "oh! non", ni n'a soufflé, j'ai même eu d'éclatants sourires (bon allez j'arrête de me flatter : y en a beaucoup qui étaient complètement indifférents!)
N'empêche, je suis vraiment touchée de cette attention purement gratuite et désinterressée, comme quoi c'est chez les gens simples (et ceci n'a rien de péjoratif loin de là) qu'on trouve le plus de coeur. Du coup malgré le froid, j'ai terminé mon heure de circulation avec un sourire encore plus béat que d'habitude en faisant attention à ne pas me laissez à chanter "Toi l'auvergnat quand tu mourras, quand le croque mort t'emportera, qu'il te transporte à travers ciel au père éternel
Elle est à toi cette chanson
Toi l'hôtesse qui sans façon
M'as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m'ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S'amusaient à me voir jeûner
Ce n'était rien qu'un peu de pain
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un grand festin
Toi l'hôtesse quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel ....
Merci Sylvie!