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17 - 28/10 - Ecriture sur image(s) (Claire Ogie)
Parce que vous connaissez bien ce genre d'exercice maintenant, il est temps de le corser un peu, pour ceux qui le veulent en tout cas. En effet, ce sont deux images qui vous sont présentées cette fois. Vous avez alors le choix de vous inspirer de :
17a - la première
17b - la deuxième
17c - les deux
17c
Hua Yen, 1729
Mémoires de la montagne du chien assis.
Durant des semaines, des mois et puis des années, j’observais la lente progression d’une frêle silhouette. Malgré d’innombrables chutes et dégringolades elle avançait résolument à travers les anfractuosités des limbes éternelles. Je l’admirais pour l’opiniâtreté qui l’animait. Car seule, sans compagnon de route pour soutenir ou guider ses pas c’était là un exploit remarquable.
Pour arriver jusqu’à moi elle avait dû traverser la forêt enchantée, ne pas s’égarer sur les chemins de la fortune, conquérir le cœur des arbres centenaires. Était-ce du courage ou de l’inconscience ? L’esprit de la forêt aurait pu à maintes reprises l’anéantir dans sa quête. Mais le désir, la folie, cette soif de retour aux sources du voyageur sans le savoir avait attiré la bienveillance et l’aval de l’âme de la terre et lui avait permis de poursuivre son chemin.
Aujourd’hui, elle était là !
Avec douceur et infiniment de respect le voyageur posa sa paume sur ma roche.
- Bienvenue l’ami. Tu es arrivé là où nul esprit d’homme n’était encore parvenu. C’est ici que bat le cœur de l’univers. Au-delà de cette frontière tu ne trouveras plus nul brin d’herbe. Repose toi contre mon flanc ombragé de l’amitié du cerisier en fleur. Oui ma mie, je comprends ta peine et ta douleur. J’ai vu les larmes, les vicissitudes creuser les sillons de ta destinée. Il te faut cependant poursuivre ta quête et conquérir ton espace de vie. Mais observe d’abord la montagne de l’aigreur, ma sœur : tu vas l’affronter. Elle a des pics acérés et ne connaît, contrairement à moi, aucune pitié.
Encore et toujours pour arracher ta liberté, il te faudra lutter, évoluer. Ferme les yeux Enfebani. Voyage d’un battement d’ailes, d’un frémissement d’ « elle »…
Indischer Maler um 1580
Le regard voilé, Enfebani toute la journée chantonnait. Stoppant sa douce mélopée, les mains en coupe, elle recueillit l’oiseau bleu pour le remettre dans sa cage.
- Nous sommes tous deux pareil. On nous a coupé les ailes mais néanmoins nous gardons l’opportunité de décloisonner nos esprits, de sauvegarder notre liberté de penser. D’évoluer nul ne peut l’empêcher : les portes fermées des palais ne nous empêcherons de voler !
Enfebani ferma les yeux et minutieusement inscrivit dans l’espace temps : je pense donc je suis… (Descartes)