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À l’occasion de la « journée mondiale pour l’élimination de la pauvreté » je mets en ligne deux textes écrits il y a quelques années déjà.
La vie n’est pas un long fleuve tranquille et peut basculer très vite, nul n’est à l’abri. Ce constat très dur j’ai eu à l’assumer suite à un divorce très, très pénible. Par naïveté vous pouvez tout perdre du jour au lendemain, il faut dès lors des années pour se relever (et encore !) mais le déficit affectif ne se comble jamais. Il est des blessures avec lesquelles on apprend à vivre pour ne pas simplement dire survivre.
Lorsque je croise quelqu’un qui a des difficultés je me garde bien de le juger. Si aujourd’hui, l’adversité m’a accordé cette sagesse alors je n’ai pas traversé les épreuves pour rien.
« Tu verras bien, qu’un beau matin fatigué, j’irai m’asseoir sur le trottoir d’à côté, tu verras bien qu’il n’y aura pas que moi, assis par terre comme ça… »
T’auras p’t’être pas remarqué
À ta porte
J’aurais cessé de frapper
Lassé, fatigué, dégoutté
De supplier d’être aidé
Les huissiers déjà
M’auront expulsé
Après les poches m’avoir vidé !
Au CPAS j’ai été mendier
J’en fus tout humilié
J’avais pas été payé
Me suis fait rejeté
Pourtant
J’avais pas d’quoi manger
C’était l’hiver
Encore moins d’quoi m’chauffer
Me suis nourri de pensées
Brûlé au feu des réalités
Des Droits de l’Homme
Ai entendu parler
Les trouvent souvent bafoués ;
En vain la « Justice », j’ai quémandé
N’avais pas d’quoi la payer ;
Coupable, j’ai été condamné
Pourtant… j’avais pas fauté !
Le droit chemin j’avais gardé
Ça ne m’a rien rapporté…
Nous, les exclus, les fauchés
On sait pas où on a péché
Quelles fautes faut expier
Sans cesse il faut lutter
Pour sa dignité préserver
Demain
Force sera de constater
Que j’aurai cessé d’exister
Comme petit Belge recensé
J’aurai été expulsé
Petit texte réaliste vécu mais sans prétention inspiré par la chanson d’Alain Souchon