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sombre est la nuit

Woops! que de problèmes cette semaine!!! je publie l'exercice de Martine avec un peu (beaucoup) de retard mais j'implore à tous votre indulgence : gros problème avec mon ordi : mon antivirus à décider de bloquer l'accès internet (si l'un d'entre vous à une solution qu'il me la donne svp!) big bisous  
  • "Paternel à mort" NON ! Mesdames. NON ! Messieurs les jurés. C'était : "paternel amore"! Le filial cri d'amour d’un drageon envers son géniteur vénéré!
    Regardez attentivement mon client : se pourrait-il que cette face angélique abrite un démon assoiffé de sang? Evil le fils chéri de la défunte victime ne serait donc en réalité qu’un vulgaire petit assassin? Cet infâme succube, ici incriminé du plus inadmissible des sacrilèges, mériterait il dès lors la peine de mort ? NON ! il est innocent et je vous le démontrerai !
    (L’avocat considéra un instant l’accusé dans son box avant de poursuivre)
    OUI ! Mesdames, Messieurs du jury, si ce trop bel éphèbe comparaît aujourd’hui, arbitrairement, devant vous c’est qu’il essuie les roueries machiavéliques d’un entourage jaloux de ses innombrables succès amoureux. Est-ce un crime que de combler les attentes inassouvies de la gente féminines ? Si ces cornus, plutôt que jalouser et ambitionner les avantages de la condition de mon client, honoraient leurs dulcinées, ils s’épargneraient bien des déconvenues!
    Sur quoi repose les allégations de la partie adverse? reprit il. Sur des témoignages douteux recueillis à la sortie du Eightball boogie! D'un cri de l'ombre poussé par sa promise  « Darkia »? Allons soyons sérieux un instant, poursuivit il susurreux. Ce n'est plus un dossier : c'est un roman à l'eau de rose! Si la tête de ce jeune innocent n'était en jeu tout comme vous Messieurs, Mesdames les jurés, je me gausserai à la lecture de cet inique que dis je de ce lamentable torchon qui sert à l'accusation, de réquisitoire!
Afin d'impressionner les néophytes (ce vieux tour fonctionnait toujours!) l'homme de loi effectua insensiblement un quart de tour à droite. Tout en marmonnant et mordillant la branche de ses lunettes, il semblait perdu dans une réflexion intense. Le juré inconscient de la supercherie assistait ébahi à la performance d'un acteur accompli : la silhouette massive du praticien semblait se voûter à chaque pas ; les yeux plissés, la bouche entrouverte, il se déplaçait pesamment en cercles concentriques dans l'hémisphère. Les manches de sa robe noire dessinant d'envoûtantes arabesques semblaient les ailes d'un oiseau cruel prêt à fondre sur l'assistance.
  • "Vanitas vani tatis" la voix du ténor envahit tout le prétoire faisant sursauter plus d'un membre du jury ébahi par la soudaine envolée du notable.
Un silence pesant s'installa. Atterrés les 21 accusés étaient plus tendus qu'une corde de violon prête à craquer. Au sommet de son art et de sa gloire, le prestigieux as du barreau déployait toute sa science. De son éloquence dépendait la si jolie tête qu'il défendait avec acharnement depuis des heures. Que lui importait le sort des 20 autres inculpés : innocents ou pas, pour arriver à ses fins, il les piétinerait sans vergogne. D’ailleurs, on est toujours « coupable » de quelque chose, si je ne sais pas pourquoi eux le savent. Du moment qu’il tirait d’affaire son client et qu’au fond de ses coffres reposaient les espèces sonnantes et trébuchantes : les autres pouvaient bien croupir dans une geôle ou dans l’antre du diable, rencontré la lame du bourreau, peu lui chu ! « Que m’importe leur sort », ricana t-il intérieurement : ils auraient du me désigner comme défenseur au lieu de recourir à l’un de mes piètres confrères !
Pointant du doigt Darkia il poursuivit son réquisitoire d'une voix doucereuse et ironique
  • Blessée dans son amour juvénile cette belle jeune fille a voulu se venger en incriminant de meurtre mon client dont le seul délit établi est d'être un coureur impénitent. Son inclinaison envers le sexe faible est courue : il n'a jamais su résister à l'appel de la chair ! Est-ce une raison suffisante pour le gazé, le guillotiné ou l'envoyé dans un monde parallèle?
    Voyons ! Quel autre témoin clownesque nous exhibe le procureur? Humm "marge ou grève" tout un programme : mais il est notoire que dame Azalaïs est animée depuis des décennies d'une colère blanche que nul n'arrive à raisonner : sa jalousie dévorante n'a d'égal que sa froide détermination à noircir l'image d' Ursua Sottovoce la mère de ce pauvre hère qui comparait aujourd'hui, CALOMNIEUSEMENT, accusé par cette femme qui ici devant vous a poussé la délation jusqu'à OSEZ insulter sa collègue tatouée ! Et les délires de Nanou! La patronne du Macao blues : une suite d’inepties grotesques ! Mais on se moque de vous, de moi, DE NOUS! cria t-il. Tant que nous y sommes : pourquoi ne pas s'abonner à la revue de mlle e? Si nous écoutions cette fabulatrice mais nous finirions par délibérer sur les histoires de Cendrillon !...
D’un large effet de manches, il désigna les témoins
  • Eux, cette plèbe, ce ramassis de canaille : des témoins dignes de considération? NON! NON ET NON! Des bouffons? Oui ! Quelle indignité pour Evil de souffrir cette proximité !
L'avocat s'appuya tête basse sur la barre le séparant de son auditoire. L'assemblée captivée suspendit sa respiration elle était proche de l'apoplexie lorsque le maître du barreau haussant subitement le ton, reprit sa plaidoirie :
  • Maître Blaps nous décrit une toile sanglante digne d'un "shin Hoias". Mais diantre : la créature diabolique dont il nous dresse le portrait est digne de la configuration du 3ème ciel ! « Sang et lumière », il ne manque plus que d'accuser cet innocent de s'être rendu coupable de sacrilège à Rome et la coupe sera pleine! Si la conjoncture n’était si dramatique, je me gausserai de ces tissus de mensonges. « LA » vérité est pourtant évidente : tous pour cacher leur secret honteux (il foudroya du regard les 20 inculpés, pointant sur eux un doigt vengeur) se sont ligués a conspirer contre mon client. J’en tiens pour preuves les aveux de "Mpolly" qui publiquement avouait hier encore, devant la cour, ses insatiables "morceaux d'enVies"? Nous avons pu démontrer à loisirs, les sournoiseries machiavéliques de son âme maudite ! Oui, hier Mpolly contrite confessait devant vous, devant nous : qu'elle possédait bel et bien le manuscrit de pythias dérobé à la confrérie des Ombres Mortes! Celui là même retrouvé sur les lieux du crime!... Ne peut on également légitimement s'interpeller devant les déclarations saugrenues de Michel Faux Rêveur :"le temps n'est rien", s'est il trahi! Et que pensez de ses rocambolesques promesses de samouraï !
    Amis jurés déchirons les camisoles, il est claire qu'il nous faille à présent jouer franc jeu. Pour sortir de cette ornière, il nous faut tomber les masques : rester à visage découvert pour qu'ils éclairent d'un jour nouveau cette triste affaire!
L’avocat se pencha sur ses dossiers.
  • Que nous dit la genèse : rupture dans le réel!
Il se redressa, bombât le torse et poursuivit d’un air outrecuidant.
  • Nous approchons du dénouement. Analysons ensemble les processus douteux qui ont concouru à l'inculpation de mon client :
    la première suspecte fut Dame Angeline qui soupçonnée de crime détourna ignominieusement les preuves qui l’accablaient sur mon malheureux client pourtant déjà durement touché par la perte de son père révéré. On subodorait alors, avec justesse, que c’était les fragrances de son parfum issu de « l'eau du diamant » qui était à l'origine du drame. Mais très vite, sur base d’éléments nouveaux, il fut établi sans conteste que cette preuve non négligeable n’était pas la seule imputable au décès prématuré de notre vénérable concitoyen : c'est le « Lacrima christi » qui sans conteste causa le trépas tragique de la victime. Aveuglés, par la conspiration des conjurés ici présent sur le banc des accusés, les autorités négligèrent ces indices corroborés et incarcèrent indûment le fils aimant de la victime ! A cet instant pourtant, il était déjà manifestement établi par les inspecteurs en charge de l’instruction que c’est Madam'Aga qui dans son fourre tout détenait le secret des poisons !Et si nous évoquions sa complice Martine et son carnet à malice ? « L'ange oublié : la cour royale », toutes ces divulgations putrides ont porté atteintes à l’honorabilité de nos souverains ! Nonobstant tout autre considération pour ce seul fait, cette sorcière mériterait l’écartèlement sous le dôme de la justice, je vous le dit : ces carnets sentent le souffre ! N'omettons pas d'évoquer la responsabilité avérée de JCFVC : surpris à maintes reprises rôdant autour de la chambre du diable ?...
    CUI PRODEST Mesdames, Messieurs les jurés ? Les prévenus font tous partie de la même communauté : n'est ce pas là une preuve flagrante de leur duplicité ? Oui, là se trouve la réponse à cette sordide histoire : à qui profite le crime?...
Dan mort de trouille écoutait l'avocat développer inéluctablement sa thèse. Etablirait-il vraiment la vérité ? Savait-il que Camomille possédait la première clé : « le pouvoir occulte du chant de l'océan » ? Que Kildar, Rhébus et le loup garou de Londres détenaient dans les entrailles de la grotte stellaire la deuxième clé. Que c’était sa douce Juliette qui gardait précieusement le 3ème secret, le plus dangereux ? Et que lui-même avait été consacré par les ombres mortes  lors des célébrations de la lune noire : « gardien du feu sacré » ? Où était-ce de l’esbroufe ? Un tour de passe-passe professionnel, juste de la poudre aux yeux ?
Dans quel guêpier s'étaient-ils fourrés? Seul un miracle impromptu pouvait encore les sauver ! Etrangement, le souvenir de Fay l’envahissait, il ne parvenait plus à la débusquer de son esprit : elle le gangrenait ! Le remord sans doute. Il aurait pu… non, il aurait du intervenir lors de son procès. Mais il était trop lâche, il avait eu trop peur de se retrouver à sa place. « Qu’elle se débrouille, ce n’est pas mon problème » s’était-il justifié à l’époque. Pour ce que ça l’avançait aujourd’hui. Mais s’il n’avait toujours pas l’étoffe d’un héros, il ne pouvait quand même pas trahir son frère pour sauver sa peau ! Non, il ne l’abandonnerait pas aux mains de la ligue : il n’agirait pas comme le frère de Fay qui avait déclaré lors de l’interrogatoire : « ma sœur ce boulet, elle a trahi notre seigneur Zoltan, je la renie » !
Dan fut pris de tremblements incoercibles : si cet avocaillon de malheur, pour une stupide histoire de stupre dévoilait publiquement le secret de la confrérie : tout serait perdu ! Le guérisseur et la mort inéluctablement auraient à s'affronter. Ce combat titanesque n'engendrerait que souffrances et destructions : la terre écorchée se couvrirait de poussières d'étoiles. Les forces occultes libérées inopinément s'éveilleraient à cause de ce corbeau de malheur qui sans le savoir ouvrait la boîte de pandore !

souffrance.jpg

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C
Très beau texte, très original! Il a dû te falloir beaucoup de temps pour mettre au point une oeuvre de cette taille! Le résultat vaut le coup, je te l'assure!
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P
merci cerise c'est vraiment sympa! big bisous
M
Belle performance, non seulement un super texte avec les titres, mais en prime les noms de sites des blogs. Bravo fallait le faire
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P
merci, le fait est que ces exercices sont vraiment stimulant!big bisous
A
Génial ! Moi aussi je ma suis bien amusée ! Les titres de bouquins et les auteurs de blogs réunis dans un texte , tu fais fort ! Bien observé et en plus tu nous fais de la pub ! Que demander de plus ! bonne nuit !
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P
Ben alors là! GEANT! génial! quelle imagination et quelle malice! Et bien trouvé le coup de l'avocat du diable (Evil?)... Bonne rigolade pour toi aussi j'imagine. Big bisous.<br /> PS: reprogramme-le pour aujourd'hui afin que tous s'y colle, tout le monde a le droit de connaître son aventure.
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