De retour dans sa chambre, elle pose ses affaires. S'affaire. Ses yeux croisent son reflet dans le miroir. Elle
s'approche, se dévisage, s'observe sans aucune indulgence. Que me trouve t'il? Est-ce possible?... Rire amère : "ce n'est pas mon physique" ajoute t-elle en s'adressant à la face polie qui lui
répond par la même mimique.
Quand il l'a vue il s'est dressé soudain sur ses pieds, elle pensa que c'était pour son amie qui l'accompagnait, le fruit d'une attente arrivée à son terme. Comment imaginer que c'était elle qui
lui faisait cet effet? Même au cours de la soirée lorsqu'il vint s'asseoir à son côté, se rapprochant d'au plus près qu'il pouvait, lui parlant encore et encore, l'invitant à rejoindre leur
groupe, ne cachant pas sa déception de son refus.
Ils se sont recroisés ici et là, il est venu l'attendre et là encore elle n'avait pas sur le moment compris.
Il a fallu cette rencontre dans la rue, l'émoi visible qui l'animait, son sourire radieux, celui de son ami complice et les grises mines d'une ou deux filles, ces regards qui la jaugeaint,
l'évaluaient.
La vie est étrange, ils ne se revirrent pas mais là bas quelques part dans les brumes de l'ephemère elle fut un instant encore désirable, encore femme.
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