Quelqu'un m'a dit que je devrais publier ceci, et comme je suis une gentille fille... parfois :-))) voici je publie
:-))
la mer était superbe entre bleu turquoise et nacre, un
tableau charmant, juste protégé de leur chapeau des enfants nus, d'autres en maillot qui jouent dans le sable et sautent dans les vagues, je me suis couchée sur les galets il était plus ou moins
18 h entre les paupières mi closes j'admirais le ciel et l'eau et puis j'ai fermé les yeux bercée par le chant des vagues, un pur instant de bonheur. j'entends des personnes qui s'installent non
loin de moi entrouvrent les yeux, c'était un couple et leurs enfants et tout le questionnement du monde revient je ne sais pas leur nationalité mais j'ai trouvé cela vraiment injuste la mère
voilée de la tête aux pieds, jusqu'aux chaussettes sous le soleil caniculaire est restée à garder les affaires de la famille assise le dos droit sans bouger, son conjoint a roulé les jambes du
pantalon et est parti faire trempette dans l'eau, ensuite il jouait dans le sable avec les enfants. le contraste était vraiment saisissant entre cette femme et celles qui non loin évoluaient en
jouant au ballon seulement revetue de leur sous vêtement et d'un short ou en bikini...
Rien ne ressemble plus à une plage qu'une autre plage, qu'importe la latitude , la mer et le ciel se confondent à l'horizon et pourtant ces mots écrits que je relis
ont éveillés une tornade en moi en réveillant de bien mauvais souvenirs et des questionnements que je préfèrerai occultés.
Voici un sujet intéressant pour "Et si on en parlait?" Oui si on en parlait...
Je respecte sincèrement je pense toutes les cultures, toutes les différences mais... il y a toujours un mais qui empêche de tourner en rond. Je vais moi même soulever ce voile que je voudrais
voir ôter par d'autres et jouer la carte de la sincérité. Ce qui m'a heurté le plus je pense c'est que la vision de cette femme seule et solitaire au milieu de tant d'autres même des siens vu
qu'ils évoluaient à une certaine distance d'elle , quelque part tel un miroir m'a renvoyer à ma propre image ou d'une moins une certaine vision de ce passé encore trop présent vu que je ne peux
totalement l'oublier et que trop souvent il revient m'éclater en pleine figure, en plein coeur.
Je m'insurge fréquemment lorsque j'entends autour de moi des propos péjoratifs sur les étrangers, plus spécifiquement lorsqu'ils sont arabes. Généralement, les gens ont la dent dure pour parler
d'eux. Je bouillonne retenant tant que je le peux cette rage, cette colère, ce désespoir, tous ces sentiments que charrie mon sang à chaque pulsion plus insuportable jusqu'au moment
ou je ne peux plus me taire et lache :
- il n'y a pas que les arabes, je connais plus d'un bon belge qui bat sa femme
Et je me souviens, je me souviens que trop bien. La jalousie, la possessivité, tous ces traits de caractères accordés à d'autres, je ne les ai que trop connus chez de gentils petits (très petits,
très lâches et très vils) belges. Et j'ai vu d'autres femmes comme moi vivre ce calvaire, des dépôts de plainte qui n'aboutissent, des cris, des larmes, des envies de mourir, de connaitre la
libération. Et je me souviens, je peux encore le sentir, du poids de cette jambe qui pesait sur ma poitrine, de ces mains qui serraient ma gorge, de la douleur de ne plus pouvoir respirer,
c'est insuportable, c'est long , ça semble une éternité de ne pouvoir respirer, et puis ce moment ou la douleur est dépassée, l'instant de flottement ou tout devient blanc, ou l'on cesse de
lutter... tout ça parce que j'avais osé "sortir" durant son absence alors qu'il me l'avait interdit! Je me souviens avoir porté 3 semaines durant des lunettes de soleil pour cacher l'état de ma
figure, le pire c'est que j'avais honte!!! Je me souviens cette gifle qui m'a brisé le nez parce que je voulais partir, il m'a enlevé ma fille des bras (comment ne l'avais je pas lâchée sous le
coup??) et m'a dit dès lors que je pouvais partir mais que l'enfant restait avec lui, et qu'une femme comme moi, enfin une femme qui n'en avait que le nom car pour lui je n'étais pas une
femme, je n'étais rien, moins qu'un zéro, un grand zéro ajoutait il en formant le chiffre de ses doigts, qu'une femme comme moi aucun juge ne lui accorderai la garde de sa fille, tu ne te
souviens pas ajoutait il, tu as des antécédents, tu n'es rien, je me souviens, je me souviens... je me souviens de ce désespoir qui appelle de tout son être, de toute son âme après la mort,
je nous revois face à face à cette table, sa face devant la mienne, ce harcèlement sans fin, j'avais un verre entre les mains, je le serrais si fort qu'il s'est brisé, il s'est précipité
lorsqu'il a compris que j'enfonçais les débris au plus profond que je le pouvais, il voulait faire l'amour, je ne voulais pas... et sa voix doucereuse pour m'accuser de "foutre tout en l'air" de
me demander si je me rendais compte de ce que je faisais... avec le temps on apprend à ruser, on reconnait le danger dans l'attitude de l'autre, on évite les pièces isolées, on reste près d'une
fenêtre, d'une porte, généralement ces lâches tout puissants n'aiment pas que s'ébruitent leurs méfaits
Je ne suis pas une lâche et c'est souvent ce regard droit et fier qui m'a valu de tomber à terre mais rien ni personne ne pourrait m'empêcher de me relever. Tant et tant de choses font ce que
nous sommes, entre l'inceste d'un beau père abjecte qui pensait qu'un enfant est un jouet, un mari brutal, une deuxième conjoint qui ne valait pas mieux que le premier même s'il était
plutôt (et je pense que c'est pire) psychologiquement destructeur, je me suis souvent demandée ce que j'avais fait au ciel pour vivre cela. Voici toutes les choses contre lesquelles je m'insurge,
voici pourquoi même si c'est difficile, même si c'est frustrant, même si c'est imparfait pourquoi je me suis engagée en politique parce que même s'il l'on est un moustique l'on peut piquer là ou
il le faut et que si l'on a l'occasion d'agir ne fut ce qu'un tout petit peu il faut saisir l'opportunité. Voici pourquoi, frisant souvent la plus totale inconscience j'accours au
moindre appel, au moindre signe de danger encouru par d'autres, parce qu'à travers (analyse toute personnelle) cette réponse spontanée je me viens en aide quelque part, c'est cette main tendue
que j'ai si rarement rencontrée. Je crois en l'éducation, je crois qu'il en est de notre responsabilité de mère d'éduquer nos enfants de manière équitable et de ne pas faire de différence entre
fille et garçon, de ne pas être plus permissif avec l'un et plus autoritaire, plus sécuritaire avec l'autre, une fille a autant le droit qu'un garçon de sortir, un garçon a autant à assumer les
tâches domestiques qu'une fille, à nous de les élever dans la dignité et le respect et si possible l'amour des parents mais franchement je pense qu'il vaut mieux se séparer lorsque cela est
possible que se battre et s'insulter comme des chiffoniers en leur présence.
Voici quelques unes des pensées que m'a amenée la vision de ce couple sur la plage, ce retour à ce corps voilé, caché, tout comme le mien qui avait perdu toute once de féminité, pour éviter les
cris et les disputes, pour ne pas plaire, ne pas attirer les regards car si c'était un drame lorsqu'il m'accusait de regarder quelqu'un (quelque fois on ne sait même plus ou regarder pour éviter
les altercations) c'était encore bien pire si "quelqu'un" m'avait regardée ou sourit, de la folie, de la folie à l'état pure, tout comme cette femme stoïquement assise sous ses couches de
vêtements sur une plage en plein soleil! Et je ne pense pas qu'il y ait nulle part dans une bible ou un coran l'obligation d'être ainsi corsetée, que dire alors des burkas prison mobile au
regard grillagé! A nouveau, loin de moi l'idée de critiquer une culture, ou une foi mais... il y a toujours un mais, n'est ce pas là l'oeuvre d'intégristes plutôt que d'êtres évolués? Est-il
normal de vouloir imposer des bassins de natations ou certaines heures ne seraient réservées qu'aux femmes? D'interdire la pratique du sport aux enfants de sexes féminin parce qu'elles doivent
enlever leur voile et mettre un short? J'ai eu l'occasion de voir réellement des pères de famille venir s'assurer dans la salle de sport que leur filles ne participaient pas aux exercices. Et je
m'insurge, je m'insurge, je m'insurge, lorsque je me rends chez quelqu'un j'adopte sa façon de vivre, je ne me permets pas de venir imposer mes vues. Bien sur certains états ne sont pas
démocrates ou n'ont de démocratie que le nom, mais plutôt que mettre tous le monde dans le même panier et si nous prenions nos responsabilités en aidant les non intégristes à faire entendre leur
voix? Et si nous laissions tomber les masques, abandonnions les préjugés. Si on se laissait aller un peu plus à simplement s'aimer...
Et si on en parlait?...
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