Jeudi 25 juin 2009 4 25 06 2009 21:26
Quelqu'un m'a dit que je devrais publier ceci, et comme je suis une gentille fille... parfois :-))) voici je publie :-))


la mer était superbe entre bleu turquoise et nacre, un tableau charmant, juste protégé de leur chapeau des enfants nus, d'autres en maillot qui jouent dans le sable et sautent dans les vagues, je me suis couchée sur les galets il était plus ou moins 18 h entre les paupières mi closes j'admirais le ciel et l'eau et puis j'ai fermé les yeux bercée par le chant des vagues, un pur instant de bonheur. j'entends des personnes qui s'installent non loin de moi entrouvrent les yeux, c'était un couple et leurs enfants et tout le questionnement du monde revient je ne sais pas leur nationalité mais j'ai trouvé cela vraiment injuste la mère voilée de la tête aux pieds, jusqu'aux chaussettes sous le soleil caniculaire est restée à garder les affaires de la famille assise le dos droit sans bouger, son conjoint a roulé les jambes du pantalon et est parti faire trempette dans l'eau, ensuite il jouait dans le sable avec les enfants. le contraste était vraiment saisissant entre cette femme et celles qui non loin évoluaient en jouant au ballon seulement revetue de leur sous vêtement et d'un short ou en bikini...

Rien ne ressemble plus à une plage qu'une autre plage, qu'importe la latitude , la mer et le ciel se confondent à l'horizon et pourtant ces mots écrits que je relis ont éveillés une tornade en moi en réveillant de bien mauvais souvenirs et des questionnements que je préfèrerai occultés. 

Voici un sujet intéressant pour "Et si on en parlait?" Oui si on en parlait...

Je respecte sincèrement je pense toutes les cultures, toutes les différences mais... il y a toujours un mais qui empêche de tourner en rond. Je vais moi même soulever ce voile que je voudrais voir ôter par d'autres et jouer la carte de la sincérité. Ce qui m'a heurté le plus je pense c'est que la vision de cette femme seule et solitaire au milieu de tant d'autres même des siens vu qu'ils évoluaient à une certaine distance d'elle , quelque part tel un miroir m'a renvoyer à ma propre image ou d'une moins une certaine vision de ce passé encore trop présent vu que je ne peux totalement l'oublier et que trop souvent il revient m'éclater en pleine figure, en plein coeur.

Je m'insurge fréquemment lorsque j'entends autour de moi des propos péjoratifs sur les étrangers, plus spécifiquement lorsqu'ils sont arabes. Généralement, les gens ont la dent dure pour parler d'eux. Je bouillonne retenant tant que je  le peux cette rage, cette colère, ce désespoir, tous ces sentiments que charrie mon sang  à chaque pulsion plus insuportable jusqu'au moment ou je ne peux plus me taire et lache :
- il n'y a pas que les arabes, je connais plus d'un bon belge qui bat sa femme

Et je me souviens, je me souviens que trop bien. La jalousie, la possessivité, tous ces traits de caractères accordés à d'autres, je ne les ai que trop connus chez de gentils petits (très petits, très lâches et très vils) belges. Et j'ai vu d'autres femmes comme moi vivre ce calvaire, des dépôts de plainte qui n'aboutissent, des cris, des larmes, des envies de mourir, de connaitre la libération.  Et je me souviens, je peux encore le sentir, du poids de cette jambe qui pesait sur ma poitrine, de ces mains qui serraient ma gorge, de la douleur de ne plus pouvoir respirer, c'est insuportable, c'est long , ça semble une éternité de ne pouvoir respirer, et puis ce moment ou la douleur est dépassée, l'instant de flottement ou tout devient blanc, ou l'on cesse de lutter... tout ça parce que j'avais osé "sortir" durant son absence alors qu'il me l'avait interdit! Je me souviens avoir porté 3 semaines durant des lunettes de soleil pour cacher l'état de ma figure, le pire c'est que j'avais honte!!! Je me souviens cette gifle qui m'a brisé le nez parce que je voulais partir, il m'a enlevé ma fille des bras (comment ne l'avais je pas lâchée sous le coup??) et m'a dit dès lors que je pouvais partir mais que l'enfant restait avec lui,  et qu'une femme comme moi, enfin une femme qui n'en avait que le nom car pour lui je n'étais pas une femme, je n'étais rien, moins qu'un zéro, un grand zéro ajoutait il en formant le chiffre de ses doigts, qu'une femme comme moi aucun juge ne lui accorderai la garde de sa fille, tu ne te souviens pas ajoutait il, tu as des antécédents, tu n'es rien, je me souviens, je me souviens... je me souviens de ce désespoir qui appelle de tout son être, de toute son âme  après la mort, je nous revois face à face à cette table, sa face devant la mienne, ce harcèlement sans fin, j'avais un verre entre les mains, je le serrais si fort qu'il s'est brisé, il s'est précipité lorsqu'il a compris que j'enfonçais les débris au plus profond que je le pouvais, il voulait faire l'amour, je ne voulais pas... et sa voix doucereuse pour m'accuser de "foutre tout en l'air" de me demander si je me rendais compte de ce que je faisais... avec le temps on apprend à ruser, on reconnait le danger dans l'attitude de l'autre, on évite les pièces isolées, on reste près d'une fenêtre, d'une porte, généralement ces lâches tout puissants n'aiment pas que s'ébruitent leurs méfaits

Je ne suis pas une lâche et c'est souvent ce regard droit et fier qui m'a valu de tomber à terre mais rien ni personne ne pourrait m'empêcher de me relever. Tant et tant de choses font ce que nous sommes, entre l'inceste d'un beau père abjecte qui pensait qu'un enfant est un  jouet, un mari brutal, une deuxième conjoint qui ne valait pas mieux que le premier même s'il était plutôt (et je pense que c'est pire) psychologiquement destructeur, je me suis souvent demandée ce que j'avais fait au ciel pour vivre cela. Voici toutes les choses contre lesquelles je m'insurge, voici pourquoi même si c'est difficile, même si c'est frustrant, même si c'est imparfait pourquoi je me suis engagée en politique parce que même s'il l'on est un moustique l'on peut piquer là ou il le faut et que si l'on a l'occasion d'agir ne fut ce qu'un tout petit peu il faut saisir l'opportunité.  Voici pourquoi, frisant souvent la plus totale inconscience  j'accours au moindre appel, au moindre signe de danger encouru par d'autres, parce qu'à travers (analyse toute personnelle) cette réponse spontanée je me viens en aide quelque part, c'est cette main tendue que j'ai si rarement rencontrée. Je crois en l'éducation, je crois qu'il en est de notre responsabilité de mère d'éduquer nos enfants de manière équitable et de ne pas faire de différence entre fille et garçon, de ne pas être plus permissif avec l'un et plus autoritaire, plus sécuritaire avec l'autre, une fille a autant le droit qu'un garçon de sortir, un garçon a autant à assumer les tâches domestiques qu'une fille, à nous de les élever dans la dignité et le respect et si possible l'amour des parents mais franchement je pense qu'il vaut mieux se séparer lorsque cela est possible que se battre et s'insulter comme des chiffoniers en leur présence.

Voici quelques unes des pensées que m'a amenée la vision de ce couple sur la plage, ce retour à ce corps voilé, caché, tout comme le mien qui avait perdu toute once de féminité, pour éviter les cris et les disputes, pour ne pas plaire, ne pas attirer les regards car si c'était un drame lorsqu'il m'accusait de regarder quelqu'un (quelque fois on ne sait même plus ou regarder pour éviter les altercations) c'était encore bien pire si "quelqu'un" m'avait regardée ou sourit, de la folie, de la folie à l'état pure, tout comme cette femme stoïquement assise sous ses couches de vêtements sur une plage en plein soleil! Et je ne pense pas qu'il y ait nulle part dans une bible ou un coran l'obligation d'être  ainsi corsetée, que dire alors des burkas prison mobile au regard grillagé! A nouveau, loin de moi l'idée de critiquer une culture, ou une foi mais... il y a toujours un mais, n'est ce pas là l'oeuvre d'intégristes plutôt que d'êtres évolués? Est-il normal de vouloir imposer des bassins de natations ou certaines heures ne seraient réservées qu'aux femmes? D'interdire la pratique du sport aux enfants de sexes féminin parce qu'elles doivent enlever leur voile et mettre un short? J'ai eu l'occasion de voir réellement des pères de famille venir s'assurer dans la salle de sport que leur filles ne participaient pas aux exercices. Et je m'insurge, je m'insurge, je m'insurge, lorsque je me rends chez quelqu'un j'adopte sa façon de vivre, je ne me permets pas de venir imposer mes vues. Bien sur certains états ne sont pas démocrates ou n'ont de démocratie que le nom, mais plutôt que mettre tous le monde dans le même panier et si nous prenions nos responsabilités en aidant les non intégristes à faire entendre leur voix? Et si nous laissions tomber les masques, abandonnions les préjugés. Si on se laissait aller un peu plus à simplement s'aimer...

Et si on en parlait?...

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Commentaires

me voilà Fab, et je suis heureuse que tu aies publié le premier texte et qu'il t'ait entraînée à développer un débat long et difficile et frustrant aussi.
ce n'est pas une question de religion, pour moi la religion n'est qu'asservissement, quelle qu'elle soit, y compris le bouddhisme qu'on vénère tant en Europe, y compris toutes les idéologies qui clament qu'elle veulent le bien pour tous en imposant la souffrance.
La religion c'est la prise de pouvoir d'une minorité sur une majorité. Et cela dure depuis si longtemps dans toutes les contrées, et ça n'a rien à voir avec la foi.
La religion est imposée par les hommes au cours des siècles et c'est le socle de toutes les humiliations, les premières victimes sont les femmes qui paraissent à priori consentantes, et elles sont les relais aux enfants, c'est terrible.
C'est l'éducation, et seulement l'éducation qu'on impose qui fait qu'on va toute sa vie penser qu'on est une merde et croire qu'on mérite ce qui nous arrive.
La force d'un père sur l'enfant engendrera l'acceptation d'un mari qui bat, qui humilie, parce qu'en nous, l'enfant aime ce père, c'est son référent et sa douleur.
La seule solution c'est l'analyse, un travail sur soi, comprendre ses mécanismes personnels pour échapper à ces mortifications, mais il faut le vouloir, il faut trouver la force de dire non comme tu l'as fait pour combattre en nous cette faiblesse exploitée par l'autre.
Pour les femmes voilées, ça me hérisse le poil, je ne peux respecter une culture qui humilie, c'est comme respecter la culture de certaines régions d'Afrique où on mutile les filles, c'est respecter les aficionados qui font souffrir les taureaux, c'est respecter la culture des viandards qui chassent, de ceux qui produisent intensivement pour le foie gras où la viande sans se soucier une minute des souffrances qu'on fait aux animaux. Nous sommes des animaux évolués, croit-on, parce qu'on a des techniques et de la "raison".
Jamais chez les animaux tu ne trouves les comportements affligeants des hommes, et la seule issue qu'on ait, ce n'est pas que l'amour, c'est de soigner dans le psychisme, cette torsion qui nous a été imposée par l'héritage du ravage.
Nous sommes une espèce pervertie, éloignée du sensible et le courage que tu as trouvé d'en parler, c'est le courage que je souhaite à toutes et à tous, en parler c'est déjà dénoncer. Et en Europe avec les lois qui protègent les libertés individuelles, on peut se défendre mais faut-il encore le vouloir. Certains faits doivent être jugés pour permettre à la victime de se laver de l'ignominie.
Et toutes les femmes qui se voilent sont des femmes soumises à des lois iniques. Mais la solution est en elles, pas ailleurs, on ne peut pas aider celui qui ne le veut pas. Tu parlais de l'enfant qui était récupérée par les frères et le père dès la sortie de l'école, j'espère qu'elle a su dire non. On revient toujours à l'éducation, des siècles d'humiliation sont sur nos épaules.
Commentaire n°1 posté par polly le 03/07/2009 à 14h59
tu sais, je suis assistante sociale et je cotoie beaucoup de gens et de toutes nationalités, religions etc.. des jugements ? Non.. essayer de comprendre oui.. mais je dénoncerai toujours la maltraitance ou la ferai dénoncer.. toujours... Il n'est pas tolérable que des femmes soient maltraitées au nom d'une pseudo-religion ou autre prétexte, car il ne s'agit plus de religion. ce n'est pas vrai..
bon courage..
clem
Commentaire n°2 posté par clementine le 29/06/2009 à 20h43
Quel texte vécu...je ne sais pas qui mais c'est triste et je plains ces femmes emprisonnées.
à bientôt Fab
Commentaire n°3 posté par nadia-vraie le 28/06/2009 à 05h26
Si on se laissait aller à s'aimer, tout simplement... ce serait si bon... Mais je ne sais pas pourquoi, certaines personnes voudront toujours empêcher d'autres gens d'aimer... je ne comprends pas pourquoi non plus.

Bises Fab, et bon courage à toi!
Commentaire n°4 posté par Jim Dante le 27/06/2009 à 18h18
hello jim
bah! on n'est pas obligé d'écouter les autres, il y a toujours un moment ou le coeur l'emporte et c'est mieux ainsi :-)
big bisous
Réponse de poussières d'étoiles le 28/06/2009 à 03h44
J’aurais aimé te consoler en vers ;mais je pense que t’offrir un petit sourire est bien meilleur. (Khadija Assad marocaine hijab et voile--http://www.youtube.com/watch?v=YJFso9g91Ww
Commentaire n°5 posté par Fayçal le 27/06/2009 à 16h22
voici une  video qui rajoute aux questions :-)) merci pour ton sourire Fayçal
amitié
Réponse de poussières d'étoiles le 28/06/2009 à 03h46
Merci pour ton témoignage très touchant..Je crois que ce quelqu'un a été bien inspiré de te dire de le publier..Certaines se reconnaîtront dans ce que tu dis et cela leur redonnera courage...De toute façon, chacun a ses tunnels et peut s'imaginer qu'il n'y a pas d'issue et sombrer dans le désespoir..Et toi, tu redonnes envie de trouver pour soi-même et pour notre entourage la meilleure vie possible..Merci !
Commentaire n°6 posté par gazou le 27/06/2009 à 07h49
merci beaucoup pour ta gentillesse et ta sensibilité :-) je crois sincèrement qu'il y a toujours une voie de secours, le tout est de la trouver, de garder confiance meme au plus profond des nuits trop sombres :-)
amitié
Réponse de poussières d'étoiles le 28/06/2009 à 04h03
Ces voilées ne doivent en aucun être assimilées à d’autres malmenaient, brutalisaient même, figurants parmi les personnes subissant des violences conjugales. Ces voilées se sont elles même cloitrées, enfermées, corsetées par respect, soumission, application stricte du soit disant texte sacré. Le sacré interprété différemment par pas moins ce 30 branches de l’islam dont l’occident n’arrive à distinguer que 2, sunnite et chiite. Des ramifications qui accusent les autres d’apostasie, au point où il n’est plus possible cde savoir qui a raison, qui a tort. Ce qui est sur, le perdant est la 2éme moitié de la société, celle qui accepte de considérer comme objet de fascination, juste bon pour satisfaire les besoins bestiaux du male, de procréer et basta. Il ne faut réveiller ces vieux démons ni racler sous la croute de ces blessures.
Commentaire n°7 posté par kha nouff le 26/06/2009 à 23h19
je ne suis pas persuadée qu'il s'agisse toujours d'un choix de porter ou non le voile. du moins ici dans nos contrées. je me souviens de ma période scolaire nous étions déjà confronté à ce "problème" une élève était obligée par sa famille de porter le voile, l'établissement l'avait interdit mais dès la sortie son frère ou son père venait la chercher et dès lors elle marchait les yeux baissés rivés au sol sous son foulard, et ce n'est qu'un ex il y en a d'autres entre l'imposition d'un mariage ou l'arret des études.  ces dernières années il y a une augmentation fulgurante du port du voilesdans certaines régions ou villes on voit même des burkas c'est complètement fou maintenant je n'associe pas le port du voile à la brutalité domestique, loin de là mon propos. quand à réveiller ses vieux démons et racler sous la croute des blessures, je pense qu'on ne réveille pas ses démons, ils sont là tout simplement ancrés que peut on sinon les exorciser je ne crois pas au culte de la douleur mais quelques fois il n'y a pas à raccler sous les croutes parce qu'il y a tout simplement des blessures qui ne cicatrisent pas, on vit avec c'est tout.
Réponse de poussières d'étoiles le 28/06/2009 à 04h01
vaste et difficile sujet. J'ai essayé de poster un long commentaire qui a refusé de partir. Je ne le réécrirai pas et voulais simplement te remercier de m'accueillir dans ta communauté Melting pot.
Belle fin de semaine
Commentaire n°8 posté par Jeanne Fadosi le 26/06/2009 à 22h58
ça m'est déjà souvent arrivé aussi et que c'est frustrant :-))
bienvenue (promis juré un de ces quat' matin je tenterai d'être plus active au seing de cette communauté :-)))
big bisous
Réponse de poussières d'étoiles le 28/06/2009 à 04h05
Très fort témoignage qui ne me laisse pas indifférente pour quelques mêmes souvenirs malheureusement. Je ne comprends pas que certaines femmes endossent elles mêmes ces "prisons grillagées" et au nom de quoi ?
Commentaire n°9 posté par aimela le 26/06/2009 à 08h03
tant de questionnement et d'incompréhension, trop de solitude certainement et puis heureusement aussi l'amitié, le soleil et la nature :-)
big bisous
Réponse de poussières d'étoiles le 28/06/2009 à 04h09

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