Suite à l'article paru chez khanouff j'ai fais une petite recherche dans mes archives pour tenter de comprendre la situation réelle en Tunisie, je
vous transcrits si après un article paru dans le périodique d'Amnesty "Libertés" j'espère sincèrement que vous prendrez la peine de le lire, il est en fait très explicite essentiellement sur la
montée des extrêmistes.
Nous sommes nombreux et c'est cela que j'apprécie tant sur internet à être sensibles à la détresse d'autrui, révoltés face aux injustices, à défendre les valeurs nobles de l'humanité. C'est
pourquoi je souhaiterais mettre cette réflexion à l'ordre du jour dans la rubrique "Et si on en parlait" oui si on en débattait réellement, si on essayait d'avoir une attitude concrète, si on
apportait notre soutien à ces êtres privés de liberté d'expression, de liberté intellectuelle, de liberté tout court?
Il y a certainement d'autres pays qui souffrent d'absolutisme, je pense ici au Maroc et aux cris de
révolte adressés par l'un de ses ressortissant, mon ami Fayçal qui lui aussi partage les préoccupations quotidiennes de Khanouff
Alors? Que nous est il loisible de faire? Ensemble j'en suis certaine il nous est possible d'avoir une saine réflexion à ce propos, et pourquoi pas l'ébauche d'une solution?
Et si on en parlait?
"Ce régime a davantage fait pour produire du terrorisme"
Ce qui nous fait le plus mal en Tunisie, c'est l'absence manifeste d'intérêt international. C'est un petit pays, c'est
une petite dictature tolérée, il ne s'y passe apparemment rien, etc. Or, ce qui s'y développe est potentiellement dangereux. Nous sommes au coeur d'une région troublée. La Tunisie avait tous les
ingrédients pour développer une démocratie. Mais, depuis deux décennies et surtout depuis 2001, la société tunisienne est prise en otage par un président, sa famille élargie et ses proches, au
prétexte que les autorités sont aux avant-postes de la lutte contre le terrorisme. Or, c'est ce pouvoir qui, en cadenassant l'espace public et en provoquant une désertification de l'espace
politique, favorise l'éclosion de mouvances rétrogrades et violentes, comme l'islamisme salafiste. En l'absence de toute ouverture et dans une situation absolue de blocage, il y a une tendance
croisante chez les jeunes à se tourner vers des solutions violentes et dangereuses, des solutions que leurs propres parents ne comprennent pas. il n'y a absolument plus le moindre espace de
liberté, le droit d'association est bafoué et les gens ne savent tout simplement plus comment respirer. Plutôt que de lutter contre le terrorisme, ce régime, par ses méthodes, a davantage fait
pour le produire et le démultiplier. "Le drame est que, malgré les promesses du Partenariat euro-méditterranéen et de l'accord d'association euro-tunisien, la démocratie et l'Etat de droit ne
sont toujours pas au rendez-vous. Au contraire, en dépit de certaines initiatives positives émamant tantôt de la Commission, tantôt du Parlement, on a l'impression qu'il n'est plus du tout
honteur pour de nombreux responsable européens - qui sont de toute évidence informés - de s'afficher avec des dirigeants comme Kadhafi ou Ben Ali. Cette désertification politique imposée par les
autorités tunisiennes a des effets d'autant plus dévastateurs qu'elle finit peu à peu par convaincre les interlocuteurs étrangers qu'à part le régime en place, il n'y a effectivement ni rien ni
personne, ni opposition ni alternative. En quelque sorte, "vous, défenseurs des droits humains et opposants politiques, vous ne représentez rien et vous ne pesez rien". C'est terrible et nous
luttons pour sortir de ce piège infernal. Heureusement, outre les partisans de solutions violentes, il se trouve tout de même de plus en plus de gens courageux dans la fonction publique et dans
les institutions judiciaires - ou ce qui en reste - pour s'insurger contre la situation. Mais ces personnes sont ensuite cassées, leurs familles harcelées, etc.
"Nous sommes condamnés à nous en remettre aux petites bouffées d'oxygène que les ONG internationales nous envoient pour respirer quelque peu. Et par ailleurs, une relativement bonne nouvelle est
la fait que la Tunisie est le troisième pays à avoir été tiré au sort par le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU pour être soumis à un "examen périodique universel". Nous sommes en train de
rédiger un rapport alternatif au rapport qui sera soumis par les autorités tunisiennes aux experts des Nations unies"
(propos recueillis par Pascal Fenaud auprès de Sihern Bensedrine, rédactrice en chef du magazine en ligne Kalima, porte parole du Conseil national pour les Libertés en Tunisie (CNLT)
www.kalimatunisie.org
big bisous
big bisous camomille merci infiniment de ton expression :-)