Il était une fois, dans un pays pas si lointain
Un bébé dans son landau gazouillant
D’un souffle, du temps évanescent, surgissant
Des enchanteresses voyant la délicieuse enfant
Se proclamèrent sur l’instant ses marraines
Cet enfant est déjà si belle… s’écrièrent-elles
Si tendre, si douce, si parfaite ! Renchérirent-elles
Pauvre petiote elle devra néanmoins grandir
Amputée de la racine paternelle
Émues les fées se penchèrent sur son berceau
Et lui firent chacune un merveilleux cadeau
- je t’offre l’empathie. Dit la première.
- Je te dote des couleurs du temps. Souffla la deuxième.
- J’amplifie la perception de tes sens. Sourit la troisième
Cet ainsi que satisfaites elles s’envolèrent dans un bruissement d’ailes.
Depuis, grâce aux gnomes, lutins et fées me fut épargné
Le syndrome de la page blanche
Il y a entre elle et moi une douce affinité
Je pose ma main sur elle
Ferme les yeux
Respire profondément
Sous mes doigts se dessinent les fibres
Elles grandissent jusqu’à l’écorce
J’entends le vent bruire dans les ramures
Il lui raconte mille anecdotes
Au sol les feuilles mortes le nourrissent de leur compost
Et c’est toute la vie souterraine qui le draine
Remonte dans ses veines
Palpite et vient à la rencontre de ma main
Reposant sur la douce texture de la page blanche
Et son histoire devient mienne !
Modestement, auprès de vous pauvres hères
Je m’en excuse car je comprends
Votre souffrance devant la page blanche.
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big bisous
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