14/10/2007 - "Sous le pont", Ecriture sur image (mpolly)
Transis par sa véhémence, sous l’œil ombrageux de goélands piaillants, une centaine de jeunes gens réunis sur le quai ne percevaient les avertissements affolés de la bise.
- « fuyez inconscients, sur cette berge seule la mort froide vous attend ! »
Dans sa quête désespérée, pour se faire entendre, elle rallia les grains de sable. Giflant, hurlant, tournoyant ils s’épuisèrent vainement à les refouler. Pour s’en cuirasser les marins excédés, tapant du pied afin de chasser la brume glacée, relevèrent en grognant le col de leur caban.
Désespéré, le vent chargé d’embruns ne décolérait. Il fouettât avec ardeur en les emmêlant les mèches blondes, brunes, rousses ou grises. Peine perdue ! Jamais il ne parvint à se faire entendre des oreilles par son souffle violacées !
Lorsque le sous-marin descendit dans le clapotis de l’eau grise, il se coucha à l’horizon et pleura.
Brmm, brmm, brmm,…..
Dans la lumière mordorée s’éloigne un chaland. Au plus profond de l’océan, souffle suspendu, le marin perçoit son vrombissement.
Alors que son murmure s’éloignait, qu’as-tu fait malheureux prisonnier des flots? Tes mains se sont-elles jointes pour prier un dieu ou des hommes qui vous abandonnaient ? Tes doigts crispés ont-ils tentés de déchirer, de griffer ? A travers tes larmes as-tu revu le ciel délavé ? Le jupon fleuri de ta promise ? Ta mère, ton père ou tes amis ? Des hurlements désespérés ont-ils déchiré ta poitrine ou t’es-tu lentement engourdi, endormi ?
Sur le quai ils sont tous là, le vent imperceptiblement souffle doucement pour sécher des larmes que nul espoir ne peut empêcher : le sous-marin ne remontera pas.
big bisous
big bisous
big bisous
big bisous