Dimanche 30 septembre 2007

Les yeux fixés sur l'écran, ils regardaient la machine démarrer dans un silence religieux. A part un bref soubresaut, ils ne ressentirent aucun mouvement. Les quatre passagers restaient tétanisés. A chaque seconde ils s'attendaient à être dissous dans l'atmosphère; pulvérisés en fines poussières.

-          c'est parti! dit Wolf.

C'était un magnifique spécimen Obirien descendant en ligne droite des Zoroa. Un guerrier sans nul doute : la crinière fauve qui cascadait sur ses larges épaules en témoignait.

-          Maya. Supplia t-il. Mais elle ne daigna même pas le regarder, l’avait-elle seulement entendu ?

Il éclata nerveusement de rire : cette voix chevrotante ne lui était guère coutumière. Wolf se racla inutilement la gorge : elle restait obstinément caverneuse. Sa bouche sèche ne lui permettait quasiment plus de déglutir. Il inspira profondément pour chasser l'angoisse qui comprimait douloureusement son torse. L'hominidé était couvert d'une sueur glacée et les battements désordonnés de son coeur menaçaient à chaque instant de briser sa cage thoracique : on eut dit un oiseau fou qui se projetait sur les barreaux d'une cage! Reprend toi s'ordonna t il. Tu es le fils d'Orbitan, fils de Blérian. Ces chiens d'Obirien jalouse ta glorieuse généalogie et toi tu tremblerais devant l'inconnu? Mourir de peur sur ce siège ne serait pas digne de tes ancêtres, se morigéna Wolf. Il jeta en biais un regard à ses compagnons d'infortune. Maya sa princesse guerrière à la peau blanche et diaphane était livide. Dieu, que tu es belle, pensa t-il. Le ciel et les dieux de l’amour nous ont joué un mauvais tour en rapprochant deux cœurs que la raison séparait ! Un pli soucieux trahissait le désarroi de Wolf : Maya! Qu'allons nous devenir? Vers quel chemin ma folie nous as t-elle conduite? Me pardonneras-tu jamais?  A côté d'elle siégeait Malik son cousin, héritier du trône usurpé par la ligue. Les jointures de ses doigts semblaient prêtent à se briser tant ses mains crispées sur les avant bras de son siège s'incrustaient dans celui-ci. Plus mort que vif, le prince Malik fermait convulsivement les yeux!

-          Malik : soit maudit ! lui adressa Wolf dans un souffle.

Malik était un faible, un lâche qui à l'instant crucial avait trahi les siens : craignant pour sa vie il avait dénoncé Wolf sans remords ni vergogne. Lorsque celui-ci, au plus sombre de la nuit s'était avancé dans l'antre ennemi, il avait été immédiatement encerclé par la horde appuyée d'une cohorte de robots. Une boucherie sans nom avait suivi, Wolf impuissant avait assisté à l'extermination systématique de ses compagnons d'armes : pas un seul n'avait obtenu grâce Sur ordre de Zoltan, afin que nul n'ignore le sort réservé à quiconque s'opposerait a son régime : Wolf, sanguinolent avait été, pour mieux l’humilié, exhibé enchaîné, pratiquement dénudé, dans toutes les rues Obirienne. Bien que cet acte barbare soit superflu, vu que nul à ce jour en dehors de Wolf, n'avait seulement osé envisagé s'opposer à son règne sanglant, Zoltan l'usurpateur, afin d'asseoir sa suprématie tout en assouvissant ses instincts bestiaux, l'avait fait avancé au milieu d'une haie formée des valeureux guerriers morts au combat : leur têtes, jadis altières, fichées sur des piques. Wolf frémit en se remémorant cet instant sordide : il lui semblait soudain que l'habitacle se remplissait de l'âcreté émise des corps en décomposition de ses frères d'armes, la plupart d'entre eux étaient ses amis, ils avaient grandi ensemble, connu les mêmes joies et déconvenues, aux fils des jours s'étaient nourris de la même haine envers l'oppresseur. Ensemble, sous l’aile protectrice des sages, ils avaient partagés leurs appréhensions ; discutés des heures durant avant de décider que le temps d'agir était venu. Tous l'avaient suivi conscient de l'enjeu. Les vieillards faméliques, les femmes, les enfants s'étaient restrictionnés à la limite du supportable pour contribuer à offrir à la communauté la puissance optimale pour renverser le dictateur honni. Face à la bestialité Zoltanique qu'allait immanquablement affronter leurs guerriers et guerrières leurs sacrifices semblaient doux et insignifiants, mais tous d’un commun accord  voulaient contribuer autant que possible au rétablissement de l'ordre ancien. Wolf incarnait l'espoir inouï d'un profond retournement. Nulle congrégation n'avait été épargnée par la soif de pouvoir tyrannique de Zoltan : il exigeait leurs biens les plus précieux, les affamaient pour mieux les asservir, combien de filles avaient été subtilisées à l'affection des siens, arrachées des bras impuissants à les défendre d'un amoureux désespéré hurlant dans la nuit profonde de n'avoir su protéger sa belle; quand ce n'était pas leurs jeunes et si beaux fils jetés en pâture aux mignons de Zoltan! Oui, Wolf représentait l'espoir ; l'avenir : leur unique chance de réussite. Certes, ils savaient que certains tomberaient au combat mais nul ne s'attendait à ce traquenard immonde.

Lorsque Wolf lentement déambula parmi leurs dépouilles étêtées, seules les mouches bleues bruissaient. Un silence mortel régnait dans l'assistance. Il ne vit pas les femmes qui pleuraient ni les enfants accrochés aux jambes de leurs mères !  Il n'accorda aucune attention aux hommes engoncés de couardise qui baissaient  honteusement la face, non il avança fièrement, le torse bombé, les épaules droites. Les yeux secs, il rendit silencieusement hommage aux ombres trépassées qui l'accompagnait macabrement sur ce chemin : l'un après l'autre les dévisageant et les nommant, il inscrivit précieusement leurs traits dans sa mémoire! Mais au bout du chemin, Wolf sentit ses jambes vaciller, il tomba à genoux. Tremblant de toute part il contemplait ahuri le spectacle morbide que lui avait réservé Zoltan. Le tyran avait fait exécuté les siens. Sous le dôme de la justice  étaient exposés les corps sans vie de toute sa communauté ! Enchevêtrés pêle-mêle, tout le village était là réuni dans la mort. Sous le rire démentiel de Zoltan éclatant d'insolence et les sarcasmes de ses sbires, Wolf serra les dents. Un jour il les vengerait!... s’il survivait !

Ha! Malik si ta rouerie ne nous avait trahie, les rôles à ce jour serait inversés : ces chiens indignes seraient à notre place et nos peuples libérés du joug infâme de Zoltan! Maya, ma douce Maya serait mienne : mes doigts fiévreux aurait goûté la soie de son corps brûlant, le miel de sa bouche aurait calmé le feu ardent qui nous consume. Elle serait mienne Malik, et toi roulure tu serais Roi! Mais aujourd'hui, chien immonde, tu trembles des conséquences de ta trahison, tu es plus bête que les excréments putrides du cafard qui te caractérise! Wolf plissa les yeux et sa bouche se tordit cruellement : avec quel plaisir j'ai saisis ta gorge de poulet ! Les yeux fous tu hurlais de désespoir, déjà tu déféquais lamentablement lorsque ma lame sillonna amoureusement ton ventre mou ; je m'apprêtai à l'enfoncer délicieusement dans tes entrailles, je l'aurais tournée avec grâce : un tour à gauche, un tour à droite, le rictus de ta face moribonde m'aurait arraché un spasme de jouissance telle, que ma lame se serait redressée d'un élan superbe jusqu'à transpercer ce coeur immonde qui abrite ton âme! Ho, Malik sois en certain, si Maya ne s’était jetée sur mon bras vengeur, pas une seconde, ton souffle immonde n'aurait empuanti cet habitacle! Wolf se sentit soudain exténué. Il ferma les yeux sur son chagrin et rejeta la tête en arrière. 

Fay, la quatrième passagère, quand à elle fixait aveuglément l'écran fou. Médusée elle voyait les caractères défiler à toutes allures. Mon dieu! Protéger nous. En cette instant de folie elle se raccrochait à n'importe quel espérance, fut ce la plus folle : tout plutôt que d'être désintégrée! Qu'ai je fait au ciel? Je suis maudite, je ne vois pas d'autres explications! Dans un mouvement rageur elle releva le menton : une rafle, j'ai été prise stupidement dans une rafle! Ils n'ont rien voulu entendre! Elle tenta de remuer sur son siège mais les sangles qui la maintenaient ne lui permirent aucun mouvement. Elle contracta simultanément ses muscles pour chasser autant que possible la douleur de ses membres ankylosés.  Surtout ne pas couper la circulation sanguine de mes ailes : elles se nécroseraient irrémédiablement! Un cliquetis résonna dans la sphère : les robots se réactivaient. Nul doute cette fois : ils ne reviendraient plus jamais fouler le sol Obirien! Fay ignora la caméra qui opérait un gros plan en sa direction : je ne vous ferais pas le plaisir de trembler ou de pleurer encore !

Fay s’était lamentablement défendue, mais les dés étaient pipés d’avance. En réalité, la ligue la destinait à une expérience obscène ! Ces ignominieux membres l’avaient désignée au hasard : juste un triste concours de circonstance. Elle s’était retrouvée incarcérée en compagnie de Wolf et du prince héritier. Zoltan avait également jeté dans la cellule sa fille Maya exilée pour son amour coupable envers le renégat qui avait tenté inconsidérément de renverser son père ! Il avait ensuite jeté un couteau au milieu des protagonistes. C’en était suivi une rixe impensable : Wolf s’était saisi du coutelas, avait empoigné le prince héritier. La fille de Zoltan, Maya, s’était interposée. Wolf, le renégat, fou de rage l’avait repoussée brutalement. Un instant plus tard il lâcha lamentablement sa proie. Malik se réfugia derrière Maya sous l’œil goguenard de Zoltan qui riait à gorge déployée. Sans jugement, ils avaient tous été condamnés à expier dans une expérience « scientifique ». C’est ainsi qu’ils se retrouvaient tous les quatre attachés dans la cabine d’une machine à remonter le temps avec des robots policiers et des caméras disposées de ci, de là pour les surveiller et analyser leur voyage temporel !

Une secousse vive fit frémir Fay, les liens qui la retenaient jusqu’alors venaient de lui être électroniquement enlevés. Un tableau magnétique descendit à sa hauteur, il comportait de nombreuses alvéoles toutes incorporées d’écrans. Subitement, l’attention de la jeune Obirienne fut captivée par l’un d’entre eux : avec stupéfaction elle vit avec une netteté surprenante l’appartement de son frère : il partageait une partie d’échec avec Obiron ! Alors, de toute sa volonté, Fay réunit ses forces psychiques : elle dessina mentalement l’un après l’autre de délicats pétales, les assemblât amoureusement en une fleur veloutée, la coloria d’un rouge ardent comme l’amour ! De tout son cœur, de toute son âme elle appelât l’élu de son cœur. De son télescripteur elle vit Obiron suivit de son frère se diriger vers l’extérieur : Obiron humait le vent, cherchant dans la nuit l’origine de son émoi ; puis il se baissa, tendit la main vers la rose qui se balançait indolemment au bout d’une tige brisée. C’est alors qu’Iméra s’approcha. Obiron lui sourit et l’enlaça. Son frère, mutin, subtilisa à Obiron la fleur qu’il tenait à la main et s’effaça pour laisser entrer la jeune fille. Il referma la porte derrière elle, posa la rose sur sa table de chevet, et alla s'asseoir devant son ordinateur.

 

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Commentaires

Quelle aventure dis donc et dire que je te découvre aujourd'hui seulement ! Serais-tu par hasard la Fabienne qui vient de temps en temps me laisser des petits mots gentils sur mon blog et que je n'arrive pas à trouver ? Soutenons nous entre filles !
Commentaire n° 1 posté par Azalaïs le 05/10/2007 à 16h59
Bonjour Fabienne ! Excuse mon retard mais j'ai vainement tenter d'entrer dans ton blog et impossible... C'est chose faite. Ton texte est très beau, bien rytmé et agréable à lire. Bravo Ton blog aussi, j'aime son titre... Serais-tu nostalgique des contes de princesses ... Sourire ! Bisous à toi et merci de venir me voir cela me fait toujours plaisir !
Commentaire n° 2 posté par camomille le 04/10/2007 à 14h44
hello camomille, 
hoops! je suis découverte : c'est vrai je suis une rêveuse, plus souvent la tête dans la lune et les étoiles que sur la terre! j'ai choisi "poussières d'étoiles" parce que je pense que nous faisons partie d'un tout et puis j'aime bien la théorie du big bang...
big bisous
Réponse de poussières d'étoiles le 05/10/2007 à 10h31
Tu m'as complétement captivée, alors que je n'ai pas trop le temps devant moi... s'il te plaît, tu fais une suite?
Commentaire n° 3 posté par polly le 01/10/2007 à 12h50
je suis contente que tu me suives dans mon univers délirant. en fait j'avais l'intention de développer le thème : entre le moyen-âge et la fan fiction mon coeur balance, j'aurais aimé vivre dans un univers de conte de fées, d'elfes et de dragons : charme et poésie réunis, quel délice!
big bisous
Réponse de poussières d'étoiles le 02/10/2007 à 10h14

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Texte libre : echologie


voici mon petit nouveau

echologie
un blog à vocation politique et ça va sans dire
ECOLO



CONTRE LES EXPULSIONS

 

Honnêtement je ne comprends pas le monde dans lequel je vis. Je viens de passer chez Enriqueta et vu son article sur cette famille dont le père accompagné de représentants de la "justice" sont venus enlevés des enfants de leur école pour les emmener dans un centre fermé juste avant de les expulser.

Est ce cela la démocratie?

Et je me dis que nos silences sont coupables, alors aujourd'hui je laisse ici cette place pour le manifester à qui veut l'entendre et pourquoi n'en feriez vous pas autant si vous partager cette opinion? La fatalité n'existe pas il nous appartient d'avoir le courage de nos opinions. Quelles qu'elles soient.



 Je suis pour l'éradication des centres ouverts, des centres fermés, pour l'arrêt des fichiers, de tout ce qui entrave la liberté d'opinion. Je suis pour la liberté d'expression, pour la liberté de circulation, nul n'a le droit de détenir un autre être, de brimer ses droits les plus élémentaires.Les différences sont des richesses et non des entraves.

Blog photo

http://parcours.over-blog.org/

Voilà mon p'tit nouveau! Un blog qui servira à illustrer à l'aide de mon p'tit appareil photo les chemins parcourus :-)
big bisous

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