Ecriture Ludique,blog 2 Kildar

Dimanche 14 octobre 2007 7 14 /10 /2007 22:03

14/10/2007 - "Sous le pont", Ecriture sur image (mpolly)

Transis par sa véhémence, sous l’œil ombrageux de goélands piaillants, une centaine de  jeunes gens réunis sur le quai ne percevaient les avertissements affolés de la bise.

-         « fuyez inconscients, sur cette berge seule la mort froide vous attend ! »

Dans sa quête désespérée, pour se faire entendre, elle rallia les grains de sable. Giflant, hurlant, tournoyant ils s’épuisèrent vainement à les refouler. Pour s’en cuirasser les marins excédés, tapant du pied afin de chasser la brume glacée, relevèrent en grognant le col de leur caban.

Désespéré, le vent chargé d’embruns ne décolérait. Il fouettât avec ardeur en les emmêlant les mèches blondes, brunes, rousses ou grises. Peine perdue ! Jamais il ne parvint à se faire entendre des oreilles par son souffle violacées !

Lorsque le sous-marin descendit dans le clapotis de l’eau grise, il se coucha à l’horizon et pleura.

Brmm, brmm, brmm,…..

Dans la lumière mordorée s’éloigne un chaland. Au plus profond de l’océan, souffle suspendu, le marin perçoit son vrombissement.

Alors que son murmure s’éloignait, qu’as-tu fait malheureux prisonnier des flots? Tes mains se sont-elles jointes pour prier un dieu ou des hommes qui vous abandonnaient ? Tes doigts crispés ont-ils tentés de déchirer, de griffer ? A travers tes larmes as-tu revu le ciel délavé ? Le jupon fleuri de ta promise ? Ta mère, ton père ou tes amis ? Des hurlements désespérés ont-ils déchiré ta poitrine ou t’es-tu lentement engourdi, endormi ?

Sur le quai ils sont tous là, le vent imperceptiblement souffle doucement pour sécher des larmes que nul espoir ne peut empêcher : le sous-marin ne remontera pas.

 


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Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /2007 01:18

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                                                           Exercice proposé par Michel-Faux Rêveur-11a
  • Si j'accepte, à contrecoeur, d'être le choeur antique de ce conte, c'est à moi de décider où il commence!

  • Je vous en prie Sven : continuez... s'il vous plaît!

    Méprisant, Sven dominait sans conteste ses condisciples. Il reprit sentencieusement :

  • Un passage dissimulé par les branches du saule pleureur, permet à notre société secrète d'accéder aux souterrains dans la plus grande discrétion. De là, nous débouchons dans la nécropole dévastée. Jadis, Mérégovia symbolisait le fleuron de notre civilisation. Aujourd'hui notre cité n'est plus que ruine et désolation. Les murs lépreux étouffent sous une végétation luxuriante. Partout, grouillante, rampante : la nature vindicative reprend ses droits.

  • Pourquoi voulez-vous rejoindre notre communauté?

  • Pour éradiquer l'hégémonie, dit-il simplement. Je ne convoite aucune charge : pour moi c'est un jour pareil à tous ceux qui se sont succédé durant les neuf ans ayant suivi ma résurrection. Mais jamais je ne pourrai oublier la forêt hygrophile dense et sombre qui absorbait toute la lumière du soleil ... c'est ainsi que rapidement la ville sombra dans le chaos. L'humanité déchue payait ses crimes, suite à ses infâmes blessures envers la terre nourricière, il lui fallait aujourd'hui pleurer des larmes de sang. Les hommes semblables aux animaux n'étaient plus que proies ou prédateurs. Obéissant simultanément à la loi du Talion, ils rendaient coups pour coups. Le plus fort exploitait le plus faible, Nulle membre de ma famille ne survécut, je ne du mon salut qu'à mon instinct de survie phénoménale : alors qu'après avoir dépecé les miens, ils embrochaient leurs corps sanguinolents sur les pieux grossiers, je restais là immobile et accroupi devant le feu et m'appliquais sans délais à tourner les broches avec les autres enfants désignés à cette ignoble tâche. Plus tard, comme eux...j'ai...mangé!

  • Sven, nous ne vous accepterons qu'à condition que vous redeveniez un être humain et non ce sauvage aux attitudes sibyllines !

  • Oui, j'en suis conscient. Le haut commensal à raison : je me rend compte que le sourire dont je le gratifie est aussi féroce que joyeux, un sourire terrifiant, et que je n'ai plus rien de commun avec un scoliaste, un lettré civilisé.







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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /2007 23:02
Woops! que de problèmes cette semaine!!! je publie l'exercice de Martine avec un peu (beaucoup) de retard mais j'implore à tous votre indulgence : gros problème avec mon ordi : mon antivirus à décider de bloquer l'accès internet (si l'un d'entre vous à une solution qu'il me la donne svp!) big bisous  
  • "Paternel à mort" NON ! Mesdames. NON ! Messieurs les jurés. C'était : "paternel amore"! Le filial cri d'amour d’un drageon envers son géniteur vénéré!
    Regardez attentivement mon client : se pourrait-il que cette face angélique abrite un démon assoiffé de sang? Evil le fils chéri de la défunte victime ne serait donc en réalité qu’un vulgaire petit assassin? Cet infâme succube, ici incriminé du plus inadmissible des sacrilèges, mériterait il dès lors la peine de mort ? NON ! il est innocent et je vous le démontrerai !
    (L’avocat considéra un instant l’accusé dans son box avant de poursuivre)
    OUI ! Mesdames, Messieurs du jury, si ce trop bel éphèbe comparaît aujourd’hui, arbitrairement, devant vous c’est qu’il essuie les roueries machiavéliques d’un entourage jaloux de ses innombrables succès amoureux. Est-ce un crime que de combler les attentes inassouvies de la gente féminines ? Si ces cornus, plutôt que jalouser et ambitionner les avantages de la condition de mon client, honoraient leurs dulcinées, ils s’épargneraient bien des déconvenues!
    Sur quoi repose les allégations de la partie adverse? reprit il. Sur des témoignages douteux recueillis à la sortie du Eightball boogie! D'un cri de l'ombre poussé par sa promise  « Darkia »? Allons soyons sérieux un instant, poursuivit il susurreux. Ce n'est plus un dossier : c'est un roman à l'eau de rose! Si la tête de ce jeune innocent n'était en jeu tout comme vous Messieurs, Mesdames les jurés, je me gausserai à la lecture de cet inique que dis je de ce lamentable torchon qui sert à l'accusation, de réquisitoire!
Afin d'impressionner les néophytes (ce vieux tour fonctionnait toujours!) l'homme de loi effectua insensiblement un quart de tour à droite. Tout en marmonnant et mordillant la branche de ses lunettes, il semblait perdu dans une réflexion intense. Le juré inconscient de la supercherie assistait ébahi à la performance d'un acteur accompli : la silhouette massive du praticien semblait se voûter à chaque pas ; les yeux plissés, la bouche entrouverte, il se déplaçait pesamment en cercles concentriques dans l'hémisphère. Les manches de sa robe noire dessinant d'envoûtantes arabesques semblaient les ailes d'un oiseau cruel prêt à fondre sur l'assistance.
  • "Vanitas vani tatis" la voix du ténor envahit tout le prétoire faisant sursauter plus d'un membre du jury ébahi par la soudaine envolée du notable.
Un silence pesant s'installa. Atterrés les 21 accusés étaient plus tendus qu'une corde de violon prête à craquer. Au sommet de son art et de sa gloire, le prestigieux as du barreau déployait toute sa science. De son éloquence dépendait la si jolie tête qu'il défendait avec acharnement depuis des heures. Que lui importait le sort des 20 autres inculpés : innocents ou pas, pour arriver à ses fins, il les piétinerait sans vergogne. D’ailleurs, on est toujours « coupable » de quelque chose, si je ne sais pas pourquoi eux le savent. Du moment qu’il tirait d’affaire son client et qu’au fond de ses coffres reposaient les espèces sonnantes et trébuchantes : les autres pouvaient bien croupir dans une geôle ou dans l’antre du diable, rencontré la lame du bourreau, peu lui chu ! « Que m’importe leur sort », ricana t-il intérieurement : ils auraient du me désigner comme défenseur au lieu de recourir à l’un de mes piètres confrères !
Pointant du doigt Darkia il poursuivit son réquisitoire d'une voix doucereuse et ironique
  • Blessée dans son amour juvénile cette belle jeune fille a voulu se venger en incriminant de meurtre mon client dont le seul délit établi est d'être un coureur impénitent. Son inclinaison envers le sexe faible est courue : il n'a jamais su résister à l'appel de la chair ! Est-ce une raison suffisante pour le gazé, le guillotiné ou l'envoyé dans un monde parallèle?
    Voyons ! Quel autre témoin clownesque nous exhibe le procureur? Humm "marge ou grève" tout un programme : mais il est notoire que dame Azalaïs est animée depuis des décennies d'une colère blanche que nul n'arrive à raisonner : sa jalousie dévorante n'a d'égal que sa froide détermination à noircir l'image d' Ursua Sottovoce la mère de ce pauvre hère qui comparait aujourd'hui, CALOMNIEUSEMENT, accusé par cette femme qui ici devant vous a poussé la délation jusqu'à OSEZ insulter sa collègue tatouée ! Et les délires de Nanou! La patronne du Macao blues : une suite d’inepties grotesques ! Mais on se moque de vous, de moi, DE NOUS! cria t-il. Tant que nous y sommes : pourquoi ne pas s'abonner à la revue de mlle e? Si nous écoutions cette fabulatrice mais nous finirions par délibérer sur les histoires de Cendrillon !...
D’un large effet de manches, il désigna les témoins
  • Eux, cette plèbe, ce ramassis de canaille : des témoins dignes de considération? NON! NON ET NON! Des bouffons? Oui ! Quelle indignité pour Evil de souffrir cette proximité !
L'avocat s'appuya tête basse sur la barre le séparant de son auditoire. L'assemblée captivée suspendit sa respiration elle était proche de l'apoplexie lorsque le maître du barreau haussant subitement le ton, reprit sa plaidoirie :
  • Maître Blaps nous décrit une toile sanglante digne d'un "shin Hoias". Mais diantre : la créature diabolique dont il nous dresse le portrait est digne de la configuration du 3ème ciel ! « Sang et lumière », il ne manque plus que d'accuser cet innocent de s'être rendu coupable de sacrilège à Rome et la coupe sera pleine! Si la conjoncture n’était si dramatique, je me gausserai de ces tissus de mensonges. « LA » vérité est pourtant évidente : tous pour cacher leur secret honteux (il foudroya du regard les 20 inculpés, pointant sur eux un doigt vengeur) se sont ligués a conspirer contre mon client. J’en tiens pour preuves les aveux de "Mpolly" qui publiquement avouait hier encore, devant la cour, ses insatiables "morceaux d'enVies"? Nous avons pu démontrer à loisirs, les sournoiseries machiavéliques de son âme maudite ! Oui, hier Mpolly contrite confessait devant vous, devant nous : qu'elle possédait bel et bien le manuscrit de pythias dérobé à la confrérie des Ombres Mortes! Celui là même retrouvé sur les lieux du crime!... Ne peut on également légitimement s'interpeller devant les déclarations saugrenues de Michel Faux Rêveur :"le temps n'est rien", s'est il trahi! Et que pensez de ses rocambolesques promesses de samouraï !
    Amis jurés déchirons les camisoles, il est claire qu'il nous faille à présent jouer franc jeu. Pour sortir de cette ornière, il nous faut tomber les masques : rester à visage découvert pour qu'ils éclairent d'un jour nouveau cette triste affaire!
L’avocat se pencha sur ses dossiers.
  • Que nous dit la genèse : rupture dans le réel!
Il se redressa, bombât le torse et poursuivit d’un air outrecuidant.
  • Nous approchons du dénouement. Analysons ensemble les processus douteux qui ont concouru à l'inculpation de mon client :
    la première suspecte fut Dame Angeline qui soupçonnée de crime détourna ignominieusement les preuves qui l’accablaient sur mon malheureux client pourtant déjà durement touché par la perte de son père révéré. On subodorait alors, avec justesse, que c’était les fragrances de son parfum issu de « l'eau du diamant » qui était à l'origine du drame. Mais très vite, sur base d’éléments nouveaux, il fut établi sans conteste que cette preuve non négligeable n’était pas la seule imputable au décès prématuré de notre vénérable concitoyen : c'est le « Lacrima christi » qui sans conteste causa le trépas tragique de la victime. Aveuglés, par la conspiration des conjurés ici présent sur le banc des accusés, les autorités négligèrent ces indices corroborés et incarcèrent indûment le fils aimant de la victime ! A cet instant pourtant, il était déjà manifestement établi par les inspecteurs en charge de l’instruction que c’est Madam'Aga qui dans son fourre tout détenait le secret des poisons !Et si nous évoquions sa complice Martine et son carnet à malice ? « L'ange oublié : la cour royale », toutes ces divulgations putrides ont porté atteintes à l’honorabilité de nos souverains ! Nonobstant tout autre considération pour ce seul fait, cette sorcière mériterait l’écartèlement sous le dôme de la justice, je vous le dit : ces carnets sentent le souffre ! N'omettons pas d'évoquer la responsabilité avérée de JCFVC : surpris à maintes reprises rôdant autour de la chambre du diable ?...
    CUI PRODEST Mesdames, Messieurs les jurés ? Les prévenus font tous partie de la même communauté : n'est ce pas là une preuve flagrante de leur duplicité ? Oui, là se trouve la réponse à cette sordide histoire : à qui profite le crime?...
Dan mort de trouille écoutait l'avocat développer inéluctablement sa thèse. Etablirait-il vraiment la vérité ? Savait-il que Camomille possédait la première clé : « le pouvoir occulte du chant de l'océan » ? Que Kildar, Rhébus et le loup garou de Londres détenaient dans les entrailles de la grotte stellaire la deuxième clé. Que c’était sa douce Juliette qui gardait précieusement le 3ème secret, le plus dangereux ? Et que lui-même avait été consacré par les ombres mortes  lors des célébrations de la lune noire : « gardien du feu sacré » ? Où était-ce de l’esbroufe ? Un tour de passe-passe professionnel, juste de la poudre aux yeux ?
Dans quel guêpier s'étaient-ils fourrés? Seul un miracle impromptu pouvait encore les sauver ! Etrangement, le souvenir de Fay l’envahissait, il ne parvenait plus à la débusquer de son esprit : elle le gangrenait ! Le remord sans doute. Il aurait pu… non, il aurait du intervenir lors de son procès. Mais il était trop lâche, il avait eu trop peur de se retrouver à sa place. « Qu’elle se débrouille, ce n’est pas mon problème » s’était-il justifié à l’époque. Pour ce que ça l’avançait aujourd’hui. Mais s’il n’avait toujours pas l’étoffe d’un héros, il ne pouvait quand même pas trahir son frère pour sauver sa peau ! Non, il ne l’abandonnerait pas aux mains de la ligue : il n’agirait pas comme le frère de Fay qui avait déclaré lors de l’interrogatoire : « ma sœur ce boulet, elle a trahi notre seigneur Zoltan, je la renie » !
Dan fut pris de tremblements incoercibles : si cet avocaillon de malheur, pour une stupide histoire de stupre dévoilait publiquement le secret de la confrérie : tout serait perdu ! Le guérisseur et la mort inéluctablement auraient à s'affronter. Ce combat titanesque n'engendrerait que souffrances et destructions : la terre écorchée se couvrirait de poussières d'étoiles. Les forces occultes libérées inopinément s'éveilleraient à cause de ce corbeau de malheur qui sans le savoir ouvrait la boîte de pandore !

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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /2007 23:00

Fay

Les yeux fixés sur l'écran, ils regardaient la machine démarrer dans un silence religieux. A part un bref soubresaut, ils ne ressentirent aucun mouvement. Les quatre passagers restaient tétanisés. A chaque seconde ils s'attendaient à être dissous dans l'atmosphère; pulvérisés en fines poussières.

-          c'est parti! dit Wolf.

C'était un magnifique spécimen Obirien descendant en ligne droite des Zoroa. Un guerrier sans nul doute : la crinière fauve qui cascadait sur ses larges épaules en témoignait.

-          Maya. Supplia t-il. Mais elle ne daigna même pas le regarder, l’avait-elle seulement entendu ?

Il éclata nerveusement de rire : cette voix chevrotante ne lui était guère coutumière. Wolf se racla inutilement la gorge : elle restait obstinément caverneuse. Sa bouche sèche ne lui permettait quasiment plus de déglutir. Il inspira profondément pour chasser l'angoisse qui comprimait douloureusement son torse. L'hominidé était couvert d'une sueur glacée et les battements désordonnés de son coeur menaçaient à chaque instant de briser sa cage thoracique : on eut dit un oiseau fou qui se projetait sur les barreaux d'une cage! Reprend toi s'ordonna t il. Tu es le fils d'Orbitan, fils de Blérian. Ces chiens d'Obirien jalouse ta glorieuse généalogie et toi tu tremblerais devant l'inconnu? Mourir de peur sur ce siège ne serait pas digne de tes ancêtres, se morigéna Wolf. Il jeta en biais un regard à ses compagnons d'infortune. Maya sa princesse guerrière à la peau blanche et diaphane était livide. Dieu, que tu es belle, pensa t-il. Le ciel et les dieux de l’amour nous ont joué un mauvais tour en rapprochant deux cœurs que la raison séparait ! Un pli soucieux trahissait le désarroi de Wolf : Maya! Qu'allons nous devenir? Vers quel chemin ma folie nous as t-elle conduite? Me pardonneras-tu jamais?  A côté d'elle siégeait Malik son cousin, héritier du trône usurpé par la ligue. Les jointures de ses doigts semblaient prêtent à se briser tant ses mains crispées sur les avant bras de son siège s'incrustaient dans celui-ci. Plus mort que vif, le prince Malik fermait convulsivement les yeux!

-          Malik : soit maudit ! lui adressa Wolf dans un souffle.

Malik était un faible, un lâche qui à l'instant crucial avait trahi les siens : craignant pour sa vie il avait dénoncé Wolf sans remords ni vergogne. Lorsque celui-ci, au plus sombre de la nuit s'était avancé dans l'antre ennemi, il avait été immédiatement encerclé par la horde appuyée d'une cohorte de robots. Une boucherie sans nom avait suivi, Wolf impuissant avait assisté à l'extermination systématique de ses compagnons d'armes : pas un seul n'avait obtenu grâce Sur ordre de Zoltan, afin que nul n'ignore le sort réservé à quiconque s'opposerait a son régime : Wolf, sanguinolent avait été, pour mieux l’humilié, exhibé enchaîné, pratiquement dénudé, dans toutes les rues Obirienne. Bien que cet acte barbare soit superflu, vu que nul à ce jour en dehors de Wolf, n'avait seulement osé envisagé s'opposer à son règne sanglant, Zoltan l'usurpateur, afin d'asseoir sa suprématie tout en assouvissant ses instincts bestiaux, l'avait fait avancé au milieu d'une haie formée des valeureux guerriers morts au combat : leur têtes, jadis altières, fichées sur des piques. Wolf frémit en se remémorant cet instant sordide : il lui semblait soudain que l'habitacle se remplissait de l'âcreté émise des corps en décomposition de ses frères d'armes, la plupart d'entre eux étaient ses amis, ils avaient grandi ensemble, connu les mêmes joies et déconvenues, aux fils des jours s'étaient nourris de la même haine envers l'oppresseur. Ensemble, sous l’aile protectrice des sages, ils avaient partagés leurs appréhensions ; discutés des heures durant avant de décider que le temps d'agir était venu. Tous l'avaient suivi conscient de l'enjeu. Les vieillards faméliques, les femmes, les enfants s'étaient restrictionnés à la limite du supportable pour contribuer à offrir à la communauté la puissance optimale pour renverser le dictateur honni. Face à la bestialité Zoltanique qu'allait immanquablement affronter leurs guerriers et guerrières leurs sacrifices semblaient doux et insignifiants, mais tous d’un commun accord  voulaient contribuer autant que possible au rétablissement de l'ordre ancien. Wolf incarnait l'espoir inouï d'un profond retournement. Nulle congrégation n'avait été épargnée par la soif de pouvoir tyrannique de Zoltan : il exigeait leurs biens les plus précieux, les affamaient pour mieux les asservir, combien de filles avaient été subtilisées à l'affection des siens, arrachées des bras impuissants à les défendre d'un amoureux désespéré hurlant dans la nuit profonde de n'avoir su protéger sa belle; quand ce n'était pas leurs jeunes et si beaux fils jetés en pâture aux mignons de Zoltan! Oui, Wolf représentait l'espoir ; l'avenir : leur unique chance de réussite. Certes, ils savaient que certains tomberaient au combat mais nul ne s'attendait à ce traquenard immonde.

Lorsque Wolf lentement déambula parmi leurs dépouilles étêtées, seules les mouches bleues bruissaient. Un silence mortel régnait dans l'assistance. Il ne vit pas les femmes qui pleuraient ni les enfants accrochés aux jambes de leurs mères !  Il n'accorda aucune attention aux hommes engoncés de couardise qui baissaient  honteusement la face, non il avança fièrement, le torse bombé, les épaules droites. Les yeux secs, il rendit silencieusement hommage aux ombres trépassées qui l'accompagnait macabrement sur ce chemin : l'un après l'autre les dévisageant et les nommant, il inscrivit précieusement leurs traits dans sa mémoire! Mais au bout du chemin, Wolf sentit ses jambes vaciller, il tomba à genoux. Tremblant de toute part il contemplait ahuri le spectacle morbide que lui avait réservé Zoltan. Le tyran avait fait exécuté les siens. Sous le dôme de la justice  étaient exposés les corps sans vie de toute sa communauté ! Enchevêtrés pêle-mêle, tout le village était là réuni dans la mort. Sous le rire démentiel de Zoltan éclatant d'insolence et les sarcasmes de ses sbires, Wolf serra les dents. Un jour il les vengerait!... s’il survivait !

Ha! Malik si ta rouerie ne nous avait trahie, les rôles à ce jour serait inversés : ces chiens indignes seraient à notre place et nos peuples libérés du joug infâme de Zoltan! Maya, ma douce Maya serait mienne : mes doigts fiévreux aurait goûté la soie de son corps brûlant, le miel de sa bouche aurait calmé le feu ardent qui nous consume. Elle serait mienne Malik, et toi roulure tu serais Roi! Mais aujourd'hui, chien immonde, tu trembles des conséquences de ta trahison, tu es plus bête que les excréments putrides du cafard qui te caractérise! Wolf plissa les yeux et sa bouche se tordit cruellement : avec quel plaisir j'ai saisis ta gorge de poulet ! Les yeux fous tu hurlais de désespoir, déjà tu déféquais lamentablement lorsque ma lame sillonna amoureusement ton ventre mou ; je m'apprêtai à l'enfoncer délicieusement dans tes entrailles, je l'aurais tournée avec grâce : un tour à gauche, un tour à droite, le rictus de ta face moribonde m'aurait arraché un spasme de jouissance telle, que ma lame se serait redressée d'un élan superbe jusqu'à transpercer ce coeur immonde qui abrite ton âme! Ho, Malik sois en certain, si Maya ne s’était jetée sur mon bras vengeur, pas une seconde, ton souffle immonde n'aurait empuanti cet habitacle! Wolf se sentit soudain exténué. Il ferma les yeux sur son chagrin et rejeta la tête en arrière. 

Fay, la quatrième passagère, quand à elle fixait aveuglément l'écran fou. Médusée elle voyait les caractères défiler à toutes allures. Mon dieu! Protéger nous. En cette instant de folie elle se raccrochait à n'importe quel espérance, fut ce la plus folle : tout plutôt que d'être désintégrée! Qu'ai je fait au ciel? Je suis maudite, je ne vois pas d'autres explications! Dans un mouvement rageur elle releva le menton : une rafle, j'ai été prise stupidement dans une rafle! Ils n'ont rien voulu entendre! Elle tenta de remuer sur son siège mais les sangles qui la maintenaient ne lui permirent aucun mouvement. Elle contracta simultanément ses muscles pour chasser autant que possible la douleur de ses membres ankylosés.  Surtout ne pas couper la circulation sanguine de mes ailes : elles se nécroseraient irrémédiablement! Un cliquetis résonna dans la sphère : les robots se réactivaient. Nul doute cette fois : ils ne reviendraient plus jamais fouler le sol Obirien! Fay ignora la caméra qui opérait un gros plan en sa direction : je ne vous ferais pas le plaisir de trembler ou de pleurer encore !

Fay s’était lamentablement défendue, mais les dés étaient pipés d’avance. En réalité, la ligue la destinait à une expérience obscène ! Ces ignominieux membres l’avaient désignée au hasard : juste un triste concours de circonstance. Elle s’était retrouvée incarcérée en compagnie de Wolf et du prince héritier. Zoltan avait également jeté dans la cellule sa fille Maya exilée pour son amour coupable envers le renégat qui avait tenté inconsidérément de renverser son père ! Il avait ensuite jeté un couteau au milieu des protagonistes. C’en était suivi une rixe impensable : Wolf s’était saisi du coutelas, avait empoigné le prince héritier. La fille de Zoltan, Maya, s’était interposée. Wolf, le renégat, fou de rage l’avait repoussée brutalement. Un instant plus tard il lâcha lamentablement sa proie. Malik se réfugia derrière Maya sous l’œil goguenard de Zoltan qui riait à gorge déployée. Sans jugement, ils avaient tous été condamnés à expier dans une expérience « scientifique ». C’est ainsi qu’ils se retrouvaient tous les quatre attachés dans la cabine d’une machine à remonter le temps avec des robots policiers et des caméras disposées de ci, de là pour les surveiller et analyser leur voyage temporel !

Une secousse vive fit frémir Fay, les liens qui la retenaient jusqu’alors venaient de lui être électroniquement enlevés. Un tableau magnétique descendit à sa hauteur, il comportait de nombreuses alvéoles toutes incorporées d’écrans. Subitement, l’attention de la jeune Obirienne fut captivée par l’un d’entre eux : avec stupéfaction elle vit avec une netteté surprenante l’appartement de son frère : il partageait une partie d’échec avec Obiron ! Alors, de toute sa volonté, Fay réunit ses forces psychiques : elle dessina mentalement l’un après l’autre de délicats pétales, les assemblât amoureusement en une fleur veloutée, la coloria d’un rouge ardent comme l’amour ! De tout son cœur, de toute son âme elle appelât l’élu de son cœur. De son télescripteur elle vit Obiron suivit de son frère se diriger vers l’extérieur : Obiron humait le vent, cherchant dans la nuit l’origine de son émoi ; puis il se baissa, tendit la main vers la rose qui se balançait indolemment au bout d’une tige brisée. C’est alors qu’Iméra s’approcha. Obiron lui sourit et l’enlaça. Son frère, mutin, subtilisa à Obiron la fleur qu’il tenait à la main et s’effaça pour laisser entrer la jeune fille. Il referma la porte derrière elle, posa la rose sur sa table de chevet, et alla s'asseoir devant son ordinateur.

 

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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /2007 14:34

Vendredi 28/09/07 - Mots imposés de ANGELINE

Pour varier un peu sur ce genre d'exercices, ce sont cette fois 15 mots qui vous sont proposés. Vous pouvez toujours si vous le souhaiter conjuguer les verbes, et jouer sur le pluriel et le féminin. Il vous est demandé d'utiliser au minimum 10 mots parmi les 15 pour composer votre texte (qui peut être du genre que vous souhaitez, poésie, nouvelle, théatre...), l'idéal étant évidemment de réussir à utiliser les 15.

mur / début / icarien / bleu / tiraillement germon / obligeance / enclave / encombrer / hermine pif / lytique / kidnapping / progrès / rousseur

 

 


Monsieur "M"

Etendu sur le mur jouxtant la propriété « les flots bleus », un Icarien antipodiste, sous le ciel azuré de la mer Egée, avec obligeance exécutait pour le plus grand bonheur des badauds réuni en cette douce soirée, des exercices acrobatiques d’une adresse inouïe. Ses longues jambes fuselées dessinaient des arabesques dans le soleil couchant et les sphères argentées qui dansaient au bout de ses pieds semblaient dès lors de célestes étoiles capturées pour le bonheur des quidams. 
De sa bulle il écoutait amusé les commentaires des spectateurs. L’artiste se savait néophyte : être jugé ne le troublait guère. Au contraire, les yeux plissés de cette si jolie dame qui le jaugeait en catimini le stimulait plutôt ! Sinon, son public se composait habituellement de touristes, ou encore des enfants des pêcheurs. Les plus incommodants étaient sans conteste les patriarches retraités installés au coin du bar tabac qui tout en le lorgnant distraitement entre deux batailles de cartes tuaient le temps en lampant bruyamment la liqueur locale.

-         C’est vrai qu’elle est belle avec son hermine négligemment enroulée autour de son cou gracile: observa t- il. Elle ressemble à une comtesse russe Et puis cette façon divine qu’elle a de porter à ses lèvres son porte-cigarette…hum, elle est d’une élégance  troublante !

L’équilibriste sourit béatement : quelle chance ! Si j’osais je l’inviterai à promener langoureusement enlacés… se prit-il à rêver.

 

 

 

La comtesse Romaneska observait attentivement le jeune homme depuis ses débuts sans qu’il l’ait à ce jour remarqué.

-         Il n’y a pas de doute il a fait d’énormes progrès. Il est au sommet de sa gloire. Avez-vous terminé le nouvel aménagement de l’enclave ? dit-elle à l’homme dissimulé derrière les combrières abritant les cageots imbibés de lymphe.

Un pif épaté et rougeaud trônait insolemment au milieu d’une face rubiconde toute constellée de tâches de rousseur, l’homme lâcha un rire gras et poursuivit :

-         Wouais, m’dame. C’est pour quand au juste vo’t kidnapping ?

La comtesse porta subrepticement un mouchoir imprégné d’essence de Guerlain contre sa gorge palpitante. Son petit nez froncé exprima mieux que des mots toute la répugnance que la belle portait à son homme de main. Dieu, que cette proximité avec la populace m’insupporte ! Cette racaille fleure le germon ! Soupira t’elle intérieurement. Heureusement, monsieur « M » gratifie généreusement mes services ! 
Dédaigneux, son gracile bras ganté de soie rouge s’éleva légèrement dans l’air parfumé des fleurs agonisantes de cette fin de journée.

-         Vous pourrez y procéder dès que je vous ferai parvenir le lytique. Un « ami » médecin doit me le faire parvenir d’ici peu.

La comtesse sourit subrepticement en se remémorant les dérisoires états d’âme rapidement aliénables du vertueux praticien. Les pitoyables tiraillements que l’éthique de sa position professionnelle lui imposait n’avaient points offerts de réelles résistances à la rétribution prodigue du généreux mécène que représentait monsieur « M »! Décidément, tout est négociable ! 
Il n’y a aucun doute : cet baladin enrichira la collection de « M ». Je ne comprendrais jamais pourquoi il tient à s’encombrer de cette faune hétéroclite. Parez-moi de fourrures, de diamants,… je ne m’en lasse. À chacun ses petites manies !

Discrètement suivie telle une ombre fidèle et maléfique par son homme de main, la comtesse se fondit dans la nuit.

 

 

Le jour où le jeune baladin disparut personne ne s’en ému ! Il n’eut même pas droit à un entrefilet dans le journal local. Les touristes étaient rentrés chez eux, les enfants de pêcheurs jouaient aux billes, et les ancêtres perduraient leurs jeux de cartes en s’imbibant généreusement le gosier.

Seul le vent et le sable murmurent encore cette histoire aux fleurs délicatement baignées de rosée. Mais ces sottes s’égosillent ! On ne peut leur en vouloir,  qui d’ailleurs prendrait au sérieux la folie inimaginable d’un collectionneur hors catégorie qui dans un écrin de verdure garderait jalousement : une cantatrice, un champion médaillé d’or aux jeux olympiques, un(e) recordman(e) aux 100, 200, 400 mètres, des poètes, un prix Nobel…un icarien…

Et pourtant : de sa cage attribuée par un fou argenté, il s’égosille désespéré : 

-         Au secours ! A l’aide !...

Et les larmes coulent sur ses joues glacées. Ses doigts transis l’abandonnent à leur tour et il tombe à genoux. Plus loin, ses compagnons d’infortune hochent la tête se souvenant de ce parcours initiatique qu’ils ont eux aussi traversé dans la glaciale solitude d’une prison dorée.

Si ce n’est d’une évanescente comtesse russe déambulant au bras de monsieur "M", leurs cris déchirants perdus dans une enclave de verdure, ne furent jamais entendus !  

 

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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 22:11

-         Qu’est ce que t'en pense?

-         Hmm.

Sous l'oeil inanimé d"un chameau qui côtoyait le penseur de Rodin, un couple s'épuisait depuis des lustres à se lancer leurs "4 vérités".

-         Ils sont bizarre ces humains! reprit le chameau. N'ont ils donc rien d'autres à faire?
Bon sang! Si je pouvais bouger je ne perdrais pas de temps à m'invectiver pour rien comme ces tristes huluberlus de pacotilles!

-         Hmm

-         De toute façon quand c’n’est pas eux c'est leur famille ou leurs amis!

-         Hmm

-         L’avantage avec toi c'est qu'on se dispute pas. Ce serait difficile : je parle et toi tu penses éternellement sans exprimer ton opinion... remarque la p'tite dame elle ferait bien de faire comme toi!

-         Fainiasse fais ton ménage, les autres femmes, les vraies, c'est ce qu'elles font. Elles s'occupent de leur homme : y'a plus rien entre nous comment je pourrais te faire confiance...

-         N’inverse pas les rôles : c'est toi qui n'est pas digne de confiance... et puis si tu aimes le ménage fais le! De nous deux je ne sais pas qui est le plus fainéant...

-         Ferme ta gueule connasse ou je vais te l'arranger!

-         Ah oui? Tu crois que tu me fais peur? Viens je t'attends

-         Salope, tu verras le jour où...

-         Tu me fatigues et puis c'est pas parce que t'es pas beau que tu dois être grossier... prit elle plaisir à le narguer.

-         On a beau être de pierre, ajouta le chameau dans un soupir, ça secoue quand même parfois les tripes qu'on n'a pas, ce qu'on est obligé de voir ici

-         Hmmm

-         Dépêche toi j'ai autre chose à faire que perdre éternellement mon temps. De toute façon tu le fais exprès chaque fois que je dois partir quelque part tu cherche misère.

-         Si tu ne le perdais pas toujours en chose inutile tu en aurais du temps! Nettoie ta baraque tu ferais mieux. La place d'une femme est à sa maison. Tu ne peux pas te contenter de ce que tu as?

Elle ne prit même pas la peine de lui répondre. Ça n'en valait plus la peine! Depuis des années ils se blessaient mutuellement. Qui avait tort? Qui avait raison? Aucun des deux sûrement, de toute façon ils étaient tout deux perdants.

-         Fais tourner la voiture, je vérifie que tout est fermé et j'arrive.

-         Ne traîne pas encore des heures : j'ai horreur d'attendre dans la voiture.

A peine était il installé au volant que le klaxon retentit longuement.

-         Quel c... s'il croit m'énerver!

Elle n'eut même pas le temps de fermer la portière que la voiture démarra sèchement.

-         Quand je serai mort tu seras contente. Ce sera ta faute, d'ailleurs tu le fais exprès : tu sais que je dois rester calme, le médecin te l'as dit! Tu seras contente alors, tu pourras t'en trouver un autre, si ce n'est déjà fait!

-         j'ai pas besoin que tu meure pour ça je te l'ai déjà dit mille fois : y'a qu'à se séparer, j'ai pas besoin de ta mort pour être libre.

-         Ta liberté, tu n'as que ce mot à la bouche. T’es folle ma pauvre fille! Qu’est ce que tu ferais sans moi? Tout ce que tu sais c'est moi qui te l'ai appris, t'es rien, t'es nulle : si tu savais ce que les autres pensent de toi, à moi on me le dit!...  et puis c'est pas normal que tu doive toujours avoir des activités extérieures, après quoi tu courres? Restes à ta maison tu feras mieux on ne se disputerait pas alors si tu faisais ce que tu as a faire!

-         Fais attention!

-         Tu vas m'apprendre à conduire aussi? C’est moi qui peut te donner des leçons tu ferais mieux de m'écouter. Il embraya et poursuivit : avant tu n'étais pas comme ça : tu m'as trahi! Lança t il venimeux. Quand on s'est connu tu disais que moi seul t'importait... c'est la dernière fois tu m'entends...

Enfoncée dans son siège, elle ne l'écoutait déjà plus. Elle se tourna vers la fenêtre regardant le paysage sans le voir : ses pensées dérivaient. Qui de nous a trahi l'autre? Es ce seulement important? Quand l'amour s'est il mué en haine? Au début sa "jalousie" me touchait, si ce n'était pas une preuve d'amour ça! avec le temps ça se calmera me disais je, je le rassurerai à force d'attentions et de passions alternées de tendresse...mais avec le temps je me suis demandée si ce n'était pas plus de la possessivité, de la manipulation que la marque d'un amour sincère! L’amour s'en vient, l'amour s'en va. Il ne reste plus que regrets et rancoeurs, hier l'envie nous tenait aujourd'hui la haine nous tenaille.  A force de cris, de douleurs le négatif a supplanté le positif!  Pourtant je l'ai aimé : il était tout pour moi, j'y croyais...ou voulais je y croire? Je voulais tant aimer et être aimée...j'y aspire encore tellement! Il a peut être raison : c'est de ma faute: j'ai cessé les concessions. Elle se tourna vers lui et se dit en l'observant : c'est vrai qu'il est beau mais ça ne suffit pas, ça ne suffit plus. Et puis qu'importe le physique : ce n'est qu'une apparence, son âme torturée n'est pas belle: elle! Si tu n'étais pas si arrogant, si... j'aurais pu pardonner, j'aurai pu encore t'aimer, malheureusement pour toi et pour moi : j'aime corps et âme ou pas du tout!
De ça c'est vrai je suis coupable ! Aujourd’hui je rêve d'espace et d'horizons nouveaux, de liberté...Tu n'aurais jamais du lever la main sur moi : je ne pourrai jamais te le pardonner.

Soudain un chien surgit sur le chemin, dans un juron le conducteur se jeta sur le frein. La voiture dérapa. Lorsque le camion qui déboulait en face fit désespérément des appels de phare tout en klaxonnant lamentablement, il était trop tard! Le temps semblait s'être suspendu : elle eut encore le temps d'apercevoir les cygnes qui glissaient majestueusement sur le plan d'eau, juste avant que la voiture percutée ne parte en tonneaux. Elle se dit que la route ressemblait à un ciel gris et les phares du semi remorques éblouissaient comme deux soleil éclairant une nuit éternelle.
Sa dernière pensée fut pour Victor : c’était l’heure de la nuit qu’il avait toujours trouvée magique ! Le moment où la nuit se transforme en jour progressivement. Il y’avait un instant précis où tout basculait et c’était cette fraction de seconde qu’il aimait vivre. Le ciel se mit à trembler, elle ferma les paupières. Lynn et Victor les attendrait en vain ce matin.

 


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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /2007 13:03
Première participation à Ecriture Ludique, les mots sont proposés par Azalais : nigelle, pont, généalogie, soupière, mare, ossature, combiner, oublier, temporel, fondamental.
Merci de me laisser vos commentaires : j'espère que vous aurez autant de plaisir à lire ce texte que moi à l'imaginer! 
big bisous à tous!


-
        
Mamy ? Où il est papy ?

Marthe se désintéressa instantanément du désherbage méticuleux qu’elle avait entrepris autour de la gloriette. Sa main à l’ossature frêle, après une seconde qui lui sembla une éternité, se resserra brutalement sur le sécateur et d’un mouvement rageur taillada la nigelle malencontreusement placée sous son regard courroucé. Marthe afficha dès lors à l’intention de Pierre un sourire figé pour tenter de lui cacher ses réflexions par trop intimes et se redressa lentement. Marthe incarnait hypocritement la vieille dame qui se redresse péniblement tout en se massant les reins : il lui fallait  absolument combiner cet intermède pour donner le change à son petit fils, masquer son émotion. Arracher un temps de réflexion était essentiel pour lui donner une réponse appropriée et surtout pour contrer les élans de son cœur brisé qui hurlait du dedans : il est mort, Mort, MORT !...Quel gâchis, mon dieu !

-         Mamy ? reprit Pierre. Maman et toi vous allez aussi mourir ? Et papa ? Où il est ?
Il est mort aussi mon papa ?... et moi, mamy je vais mourir aussi ? J’ai peur Mamy ! Jérémy dit qu’on enferme les morts dans une boîte : qu’il y fait noir et puis on jette la boîte dans un trou et on met de la terre dessus, il dit que parfois on les brûle aussi…

Marthe éperdue de chagrin porta la main à son cœur, ses yeux soudain se remplir de larmes. Désemparée, elle voyait Pierre, son petit Pierre fourrager distraitement à l’aide d’une branchette la mare boueuse creusée par les dernières pluies. Ah ! Ma fille : tu peux être fière de toi, c’est réussit !

-         Il va être traumatisé. Lui avait t-elle dit. Ce n’est pas un endroit pour un enfant.

-         Enfin Myriam ! avait rétorqué Marthe. C’est son grand-père, ton père ! Il est fondamental que le petit assiste à l’enterrement. Sinon, comment pourra t-il faire son deuil ?

-         Maman, je t’en prie : revoit ta généalogie. Tu ne peux pas oublier que mon fils est un bâtard ! Qu’il n’est pas digne des « MERCIER ». que ton mari, mon cher père m’a jetée dehors et a coupé les ponts dès qu’il a appris ma « déconvenue » ?
« La soupière est pleine » m’a-t-il jetée à la figure, pars et ne revient plus. Moi vivant, tu ne déshonorera pas cette maison » ajouta ce « père  aimant » avant de me jeter à la rue ! Si tu n’avais pas été là pour m’aider que serais-je devenue ? Enceinte, étudiante, fille mère : je n’avais rien, je n’étais plus rien, abandonnée par Emmerick et reniée par mon « père » !  Alors, pourquoi Pierre, l’objet de son déshonneur, devrait-il assister à ses funérailles ? Il ne l’a jamais regardé !... Moi-même je n’y viendrai pas, il y’a longtemps déjà que mon père est mort, demain c’est l’auteur de mes jours que tu ensevelis et je le méprise !...

Mamy….

Marthe sortit enfin de sa léthargie, elle ouvrit grand les bras à Pierre :

-         Viens là, mon gamin. Tu ne dois pas avoir peur. Tu sais tout est temporel : aujourd’hui tu souffres de ne pas avoir de papa, tu te poses des questions c’est normal. Ta maman tu devrais lui parler…

-         J’ose pas Mamy : maman elle se fâche quand je lui demande ! Je sais rien de mon père et c’est Jérémy qui m’a dit que Papy il est mort !

-         Ta maman t’aime très fort, tu sais. Dit Marthe. Et moi aussi. C’est vrai que Papy est mort mais tu ne dois pas avoir peur. Quand on s’aime très, très fort : comme nous (lui dit elle dans un chaud sourire) on ne se quitte jamais vraiment on vit pour l’éternité dans le cœur de l’autre ! Marthe ponctua sa phrase par de sonores bisous…
Alors, dans très longtemps, car je ne vais pas mourir tout de suite rassure toi : quand tu verras un magnifique arc-en-ciel ce sera comme un pont magique qui un instant se matérialisera pour te rappeler que tout la bas dans le ciel je veillerai sur toi !

-         Je t’aime Mamy !

-         Je t’aime mon petit Pierre…

 

 

 


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Voilà mon p'tit nouveau! Un blog qui servira à illustrer à l'aide de mon p'tit appareil photo les chemins parcourus :-)
big bisous

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