Mardi 28 avril 2009
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19:59
Aujourd'hui, j'ai appris le décès d'une connaissance. Il s'est suicidé.
"Tu vois qui c'est?" ... Non, pas vraiment.
On rencontre tant et tant de gens, des rencontres courtes, éphémères. La dame qui me parlait est partie chercher un CD de photos prisent lors d'une exposition.
"Pascal, tu as connu pascal..." .... Quand j'ai vu sa photo...
Et puis, les souvenirs reviennent, une voix, un visage, un sourire. Nous devions avoir plus ou moins le même âge... Nous avons partagé un temps la même table, les mêmes locaux, cette
tension liée à la recherche d'emploi, à ce stage qui ne vient pas... c'était quelqu'un d'extrêmement agréable, de très gentil...
Au fur et à mesure de la journée entrecoupée par les pauses, avec d'autres personnes, dans cette même cafetaria ou il ne viendra jamais plus, nous l'avons évoqué il était là en cet instant parmi
nous.
"Pourquoi?" m'ont demandé certains, comme si je connaissais la réponse... Pourquoi? Oui pourquoi?
Alors j'ai répondu ceci : et pourquoi pas tout simplement parce que la vie peut-être si moche, le simple fait d'être là en tant que demandeurs d'emplois, d'être "bousculé" sans cesse par une
administration insensible qui fait pression, vous menace de supprimer vos allocations, la pression sociale, cette non existence sociale parce que vous n'êtes pas un "travailleur", les soucis
financiers, cette course incessante pour tenir la tête hors de l'eau, une rupture, des problèmes de couple, les enfants, un avenir incertain, ... un moment de fragilité... la maladie... qui
n'a jamais connu un moment de doute, il a peut-être juste été trop seul, trop en souffrance... si... si le hasard avait voulu que le téléphone sonne, que le facteur passe, que...
Pour lui il est trop tard mais pour nous qui étions réuni autour de cette table, c'était l'occasion d'exprimer nos sentiments, d'allez plus loin que ces façades habituelles, de glisser un message
à celui qu'on sait fragile, de lui dire : si ça va pas téléphone, sors, bouge... c'était l'occasion de reconnaître ses souffrances et non seulement de les partager mais de les vivre ensemble. Du
coup, c'est plus léger...
N'empêche au fil du temps c'est comme une marée montante et toi petit grain de sable tu voudrais échapper à ce tourbillon envahissant, mais la peine est là sombre et diffuse, elle t'envahit,
gonfle ton coeur et tu as bien du mal à retenir ces larmes que tu sens poindre...
Parfois, oui et même souvent la vie c'est trop injuste, entre ceux qui ont tout et ceux qui doivent sans cesse se battre, alors non moi je lui jette pas la pierre, je lui dit juste "au revoir et
sois heureux ou que tu sois".
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